Prime de qualification à la CAN 2026 : une ponction de 50% opérée discrètement par des membres de la présidence

Plusieurs membres du staff des Panthères ont vu leurs primes divisées de moitié sans aucune explication

Libreville, 18 octobre 2025 – (Dépêches 241). Alors que la qualification de l’équipe nationale pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2026, prévue au Maroc, avait suscité joie et fierté dans tout le pays, une polémique enfle autour du paiement des primes liées à cette performance. En cause : une ponction de 50% sur les montants destinés à plusieurs membres du staff technique et logistique, opérée sans explication officielle par des représentants de la présidence de la République.

Selon nos informations, le montant des primes de qualification avait été personnellement validé par le président de la République. Sur la base d’un fichier travaillé par le staff , un montant prenant appuie sur la somme intégrale arrêtée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema devait être versé à chaque membre du staff et à l’ensemble des acteurs impliqués dans la qualification, des joueurs aux assistants techniques, en passant par les photographes, les kinés, les préparateurs physiques, les chargés du matériel et autres membres logistiques.

Si les joueurs, le sélectionneur national et son manager personnel ont perçu l’intégralité des sommes promises, plusieurs autres membres du staff ont eu la désagréable surprise de constater que leur prime avait été divisée par deux, ramenée à 5 millions de francs CFA, les membres de catégorie 3 dont la prime avait été fixée à 10 millions. Et ce, sans qu’aucune justification ne leur soit fournie.

Une modification « artisanale » opérée par les conseillers de la présidence ?  

Plus grave encore : d’après plusieurs informations concordants, cette réduction aurait été faite de manière manuscrite, au stylo, directement sur les documents de paiement. Ce sont des membres du cabinet du conseiller spécial du président de la République chargé du sport, Paul Kessany, qui auraient procédé à cette modification sur place, sans aucune communication officielle.

Une méthode qui interroge : comment un montant validé au plus haut sommet de l’État, sur la base d’un fichier nominatif du staff, peut-il être unilatéralement modifié à la main, sans décision administrative ou note de service formelle ? Le président a-t-il été informé de cette révision à la baisse ? Si oui, pourquoi aucune annonce officielle n’a été faite ? Sinon, quelles sont les responsabilités des membres de la présidence impliqués dans cette manœuvre ?

Cette situation a provoqué un vif mécontentement au sein de la sélection nationale. Plusieurs joueurs ont exprimé, en privé, leur solidarité avec les membres lésés du staff, dénonçant une « injustice flagrante »  à l’égard de ceux qui ont contribué, dans l’ombre, à la qualification du pays.

Frustration et colère dans la tanière

Un joueur, sous couvert d’anonymat, nous confie : « Ce sont eux qui étaient là à chaque entraînement, chaque déplacement, à nous soutenir quand personne ne croyait en nous . Nous avons souffert ensemble. Leur retirer la moitié de leur prime, sans explication, c’est un manque de respect total », a indiqué un joueur des Panthères contacté par la rédaction.

Ce scandale naissant n’est pas sans rappeler certaines pratiques opaques régulièrement dénoncées sous le régime précédent d’Ali Bongo Ondimba. Des pratiques que l’actuel pouvoir avait promis d’éradiquer, au nom de la transparence, de la bonne gouvernance et du respect des engagements pris au nom de l’État.

Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été émise par la présidence ou le ministère des Sports. La rédaction de Dépêches 241 a tenté, sans succès, de joindre le conseiller spécial chargé du sport, Paul Kessany, pour recueillir sa version des faits.

La polémique enfle, et les langues pourraient bientôt se délier davantage, au risque d’éclabousser l’image de la nouvelle administration. En attendant des clarifications, les interrogations demeurent, et les frustrations s’accumulent au sein du staff technique, pourtant indispensable à la réussite sportive nationale.

Nous y reviendrons… 

2 Commentaires

  1. Simon Pierre

    C’est l’homme ont ne naît pas escro ont le devient, c’est comme ça qu’ils ont pourri l’image des prédécesseurs, ils ignorent que le président actuel connais tout ses pratiques il a les oreilles et les yeux partout

  2. Gauthier MBA

    Di Oligui lui-même n’était pas un spécialiste du vol, s’il était réellement animé par la volonté d’éradiquer les mauvaises pratiques, on n’en serait plus là

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