
Libreville, le 4 Décembre 2025 – (Dépêches 241). Depuis quelques jours, les prises de parole répétées du Dr Stéphane Iloko sur la Covid-19 tentent d’imprimer dans l’espace public l’image d’une vigie sanitaire soucieuse du bien commun. Une frénésie déclarative qui s’apparente davantage à une tentative de récupération d’un débat de santé publique déclenché par les déclarations du Coordinateur du Samu Social gabonais, Wenceslas Yaba. Ce dernier avait alerté sur le retour de cas de Covid-19 au Gabon, faits d’abord démentis par le ministère de la Santé, avant que celui-ci ne reconnaisse finalement l’existence de 17 cas positifs par voie de communiqué officiel.
Ce qui frappe dans les sorties du Dr Iloko, ancien candidat à l’élection présidentielle, ce n’est ni la rigueur de l’analyse ni la pertinence du propos, mais la violence des mots et la dramatisation excessive qu’il tente d’imposer au débat. Le Dr Iloko s’illustre par des formules outrées, cherchant à donner à cette affaire l’allure d’un scandale national. Une rhétorique en surchauffe, largement disproportionnée au regard des faits, qui confine parfois à l’acharnement personnel, et laisse transparaître les ressorts peu avoués d’une rancœur ou d’une jalousie mal contenue.
Difficile, en effet, de ne pas s’interroger sur l’empressement du Dr Iloko à vouer aux gémonies le coordonnateur du Samu Social. Difficile, surtout, de ne pas y voir l’expression d’une volonté de réapparaître dans un paysage public où son influence demeure marginale. Le Dr Stéphane Iloko semble instrumentaliser le débat sanitaire pour détourner l’attention et s’offrir une visibilité qu’il ne doit ni à son action politique ni à son expérience dans la gestion des crises.
Encore plus troublante est l’indignation affichée aujourd’hui par l’ex porte-parole de l’ancien parti au pouvoir PDG, silencieux en février 2021, lorsque plusieurs citoyens avaient perdu la vie au moment des manifestations des « casseroles » en pleine crise sanitaire. À l’époque, ni la gravité des faits, ni la portée institutionnelle de cette tragédie n’avaient semblé susciter chez Stéphane Iloko la moindre dénonciation ou la moindre indignation publique. Sans doute préoccupée par le maintien de ses privilèges et prébendes.
Le recours récurrent au terme de « scandale d’État », dans la bouche de celui qui en fut pourtant un acteur central de l’ancien parti au pouvoir pendant la tragédie du concert des « Casseroles » , surprend davantage encore par son opportunisme. Où était alors l’indignation, la verve, la dénonciation du Dr Stéphane Iloko sur cette question ?
Comment comprendre qu’un responsable politique, muet face à des pertes humaines, puisse aujourd’hui s’ériger en héraut de la vérité et de la transparence pour une affaire qui, au-delà d’un défaut de communication institutionnelle, ne relève aucunement d’un crime d’État ? Cette mémoire sélective fragilise son argumentaire et interroge la sincérité de son engagement actuel. En somme, l’indignation actuelle du Dr Iloko sonne creux, parce qu’elle semble sélective.
Sous un autre angle, Wenceslas Yaba, bien qu’ayant reconnu une communication maladroite, pour laquelle il a présenté des excuses, reste une figure dont l’action sur le terrain ne souffre d’aucune contestation. À travers le Samu Social, il soigne, accompagne et sauve gratuitement des milliers de Gabonaises et de Gabonais sur l’ensemble du territoire national. Son alerte, même précipitée, répondait à une logique de protection des populations, non à une volonté de créer le tumulte.
À l’opposé, les interventions du Dr Stéphane Iloko donnent le sentiment de poursuivre un objectif tout autre : jeter le discrédit et l’opprobre sur un concitoyen dont l’engagement humanitaire est solidement établi. La disproportion entre la contribution réelle de chacun à la vie de la nation rend cette stratégie d’autant plus visible.
En multipliant les sorties intempestives et en privilégiant la polémique à l’analyse, le Dr Stéphane Iloko ne contribue ni à la sérénité du débat public ni à l’information éclairée des citoyens. Ses prises de position, spectaculaires mais dépourvues de profondeur, semblent davantage motivées par la volonté de nuire ou par la recherche d’une légitimité politique perdue que par un véritable souci de santé publique.
À l’heure où le pays exige de ses élites de la rigueur, de la responsabilité et de la cohérence, la démarche de Wenceslas Yaba, humble, rectificative et tournée vers la protection des populations, apparaît infiniment plus constructive que les outrances verbales d’un homme en quête d’audience et de légitimité.







