
Libreville, le 25 Décembre 2025 – (Dépêches 241). Dans le chaudron de l’Adrar Stadium, vibrant sous les chants de plus de 20.000 supporters, le Gabon s’avançait comme on entre dans une nuit de promesses. Un soir de fête, un réveillon aux couleurs vert-jaune-bleu, une attente claire. Voir les Panthères frapper un premier grand coup dans ce groupe F de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Le scénario, lui, en a décidé autrement. Le Gabon s’incline face au Cameroun (1-0). Une défaite frustrante, historique, mais loin d’être définitive.
Historique, car pour la première fois en phase finale de CAN, le Cameroun est parvenu à battre le Gabon. Un fait brut, presque symbolique, qui met fin à une série d’invincibilité bâtie au fil des années. Dès la 6e minute, sur une erreur défensive évitable de Bruno Ecuele Manga, Bryan Mbeumo glisse un ballon parfait dans le dos de la défense gabonaise pour Etta Eyong. L’attaquant ne tremble pas et trompe Loyce Mbaba. Le but est précoce, cruel, mais il ne raconte pas à lui seul le match.
Car après ce coup de froid, les Panthères ne s’effondrent pas. Elles se remettent debout surtout au retour des vestiaires, prennent le contrôle du jeu, confisquent le ballon, s’installent dans le camp camerounais. Le Gabon domine, pousse, insiste mais ne marque pas. Une domination sans récompense, face à des Lions indomptables pragmatiques, disciplinés, et solidement regroupés autour d’un bloc bien organisé.
Cette rencontre pose néanmoins une question centrale. Celle des choix initiaux de Thierry Mouyouma. En décidant de préserver certains cadres arrivés limités physiquement que sont Pierre-Emerick Aubameyang, Mario Lemina ou encore Jim Allevinah, le sélectionneur a fait le pari de la gestion sur le long terme. Un choix compréhensible sur le plan médical, mais discutable dans une compétition aussi courte et exigeante que la CAN. Fallait-il se priver, même partiellement, de leaders capables de peser psychologiquement sur l’adversaire dès l’entame ?
Le match semble apporter lui-même un début de réponse. Dès leur entrée en jeu, Aubameyang et Lemina changent la physionomie de la rencontre. Le Gabon joue plus haut, presse davantage, récupère plus vite. Le rapport de force s’inverse clairement. Les Panthères y croient, le stade s’enflamme, le Cameroun recule.
Dans ce contexte, Denis Bouanga incarne à la fois l’espoir et la frustration. Très actif, volontaire, toujours disponible, il se crée l’occasion qui aurait pu tout relancer. Mais une fois encore, l’efficacité fuit le Gabon. Un match de plus sans but pour l’attaquant vedette, malgré l’engagement et la générosité. Dans les grandes compétitions, ce sont souvent ces détails, une frappe mieux ajustée, un geste plus juste, qui font basculer les destins.
Et pourtant, malgré la défaite, rien n’est perdu. Bien au contraire. Ce premier match rappelle une vérité simple du football : une CAN ne se joue jamais sur une seule rencontre. Le Gabon a montré du jeu, du caractère, une capacité à réagir. Il a aussi identifié ce qui doit être corrigé. La gestion des temps forts, le réalisme offensif, et peut-être une prise de risque assumée dès le coup d’envoi.
Ce revers, aussi douloureux soit-il, n’est pas une fin. Il est un point de départ. La confiance doit rester intacte, car les Panthères ont encore leur destin entre les mains. Le second match face au Mozambique sera celui de la réponse, de la justesse retrouvée, de l’efficacité attendue. En Coupe d’Afrique, ceux qui avancent sont rarement ceux qui ne tombent jamais, mais ceux qui savent se relever ensemble.
Le Gabon est tombé pour la première fois face au Cameroun. Il lui reste maintenant à prouver que cette chute n’était qu’un pas de côté, avant la marche en avant.







