
Libreville, le 29 Décembre 2025 – (Dépêches 241). Battues 3-2 par le Mozambique après un premier revers face au Cameroun, les Panthères quittent prématurément la CAN. Une élimination qui met en lumière les limites tactiques, techniques et structurelles d’une sélection jamais réellement entrée dans sa compétition.
La CAN s’est arrêtée net pour le Gabon. Battues 3-2 par les Mambas du Mozambique, les Panthères quittent prématurément la compétition, quelques jours après une première défaite face au Cameroun. Un revers lourd de sens, tant la prestation gabonaise a mis en lumière des limites profondes, bien au-delà du simple résultat. Certes, la seconde période face aux Lions Indomptables avait laissé entrevoir un espoir. Par l’intensité et le pressing imposés, le Gabon avait réussi à acculer le Cameroun dans son camp, suggérant une montée en puissance possible. Mais face au Mozambique, la réalité s’est révélée plus crue : les Panthères ont été incapables de développer le moindre fond de jeu, subissant le tempo et les intentions adverses.
L’équipe est apparue coupée en deux, sans liant ni créativité. Le retour de Kanga Guelor, attendu comme un facteur d’équilibre et de maîtrise, n’a pas eu l’impact espéré. Jamais le meneur de jeu n’est parvenu à dicter le rythme ou à organiser les transitions. La titularisation de Shavy Babicka s’est également révélée infructueuse. L’ancien Toulousain, en grande difficulté, a accumulé les carences techniques et tactiques, au point d’être logiquement remplacé dès la pause par Roys Openda.
Derrière, le naufrage a pris des allures plus inquiétantes encore. La prestation de Bruno Ecuele Manga, dont le professionnalisme n’a jamais été mis en doute, a exposé des limites désormais difficiles à masquer. À l’évidence, cette CAN ressemble à celle de trop pour le défenseur formé au FC 105 et passé par Lorient, dépassé par l’intensité et la vivacité du jeu moderne. Les choix du staff technique interrogent également. L’alignement de Mario Lemina en défense centrale a surpris, voire déconcerté, alors que des centraux de métier comme Moussounda ou Mike Nkila Onfya étaient disponibles. Ce repositionnement, loin de stabiliser l’arrière-garde, a contribué à accentuer le déséquilibre général de l’équipe.
Finalement, ce revers face au Mozambique ne peut être réduit à une simple défaillance ponctuelle. Il révèle un ensemble de dysfonctionnements, tactiques, physiques et organisationnels. Au-delà du terrain, c’est toute la préparation de cette CAN qui mérite d’être interrogée : de la construction du projet sportif à la gestion des hommes, en passant par les choix stratégiques opérés à l’approche de la compétition. Le naufrage est collectif, et la remise en question devra l’être tout autant.







