
Libreville, le 2 janvier dernier 2025 – (Dépêches 241). Le remaniement gouvernemental rendu public hier a acté l’éviction de trois figures aux trajectoires et aux profils distincts, mais désormais réunies par une même issue. Trois hommes, une même posture et un même naufrage. Se renier pour plaire et pour rester, puis être finalement écarté malgré tout. Adrien Moungoungou quitte le ministère de la Santé, Paul-Marie Gondjout celui de la Communication, tandis qu’Akure Davain est débarqué du Ministère de la Justice.
Ancien syndicaliste devenu ministre, Adrien Moungoungou n’aura jamais réussi à imprimer une dynamique crédible à un secteur médical pourtant en crise profonde. Attendu sur les réformes, la revalorisation du personnel soignant et l’amélioration des conditions de prise en charge, il s’est progressivement éloigné de ses combats d’hier pour se muer en simple acteur politique, davantage soucieux de posture que de transformation structurelle. Une reconversion qui aura laissé le système de santé dans le même état de fragilité, sinon davantage.
Le départ d’Akure Davain marque, quant à lui, la fin d’un paradoxe politique devenu difficilement soutenable. Ancien opposant au verbe tranchant, connu pour ses critiques virulentes contre le régime d’Ali Bongo, il s’était totalement renié sous la Transition conduite par Brice Clotaire Oligui Nguema. Celui qui dénonçait hier les dérives institutionnelles en est devenu l’un des plus fervents justificatifs, allant jusqu’à théoriser qu’« on ne mange pas les institutions ». Une phrase devenue le symbole d’un renoncement politique et moral. Il quitte aujourd’hui le Gouvernement sans honneur, emporté par ses propres contradictions.
Paul-Marie Gondjout est également sorti de l’exécutif. Un responsable politique au parcours sans relief, incapable de s’imposer électoralement, y compris lors d’échéances législatives à sa portée. Sa présence au Gouvernement aura davantage illustré une stratégie d’alignement que de conviction, lui qui a fini par diluer son Parti politique dans l’orbite du pouvoir présidentiel, sans bénéfice politique tangible ni influence réelle.
Ces trois départs traduisent moins une surprise qu’un constat d’échec. Ils rappellent que la longévité gouvernementale ne se décrète pas, et que la Transition, en dépit de ses discours de rupture, continue de recycler des profils qui peinent à incarner le renouveau promis. Derrière ces évictions, c’est une même question qui demeure. Celle de la cohérence, de l’exigence et de la sincérité politique au sommet de l’État.







