Vœux au Chef de l’État: Oligui Nguema appelle les représentations diplomatiques à peser de tout leur poids pour faire exécuter les sanctions contre les Bongo-Valentin

Le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui pendant sa prise de parole ©DR

Libreville, le 7 janvier 2026 – (Dépêches 241). À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du corps diplomatique, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a formulé un appel appuyé aux partenaires internationaux du Gabon, afin qu’ils contribuent à l’exécution des sanctions judiciaires prononcées contre Sylvia et Noureddin Bongo Valentin. Une démarche qui, tout en s’inscrivant dans le discours officiel de lutte contre l’impunité, soulève des interrogations quant à l’articulation entre souveraineté judiciaire et concours extérieur.

S’exprimant devant les représentants du corps diplomatique accrédités au Gabon, réunis au Palais de la Rénovation à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux, le Président de la République est revenu sur l’issue judiciaire de l’affaire Sylvia et Noureddin Bongo Valentin. Condamnés à vingt années de réclusion criminelle pour détournement de fonds publics et blanchiment de capitaux, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé sa détermination à voir les décisions rendues pleinement exécutées. « Mon pays le Gabon a récemment connu l’aboutissement de l’affaire Sylvia et Noureddine Bongo Valentin, laquelle s’est conclue par la condamnation des mis en cause », a-t-il déclaré. 

Dans cette perspective, Oligui Nguema a explicitement sollicité l’appui des partenaires internationaux du Gabon, les invitant à user de leur influence afin de donner une effectivité concrète aux sanctions prononcées. « Je saisis cette occasion pour inviter les représentations diplomatiques des États avec lesquels nous avons conclu des accords d’entraide à apporter leur concours actif afin que les sanctions prononcées par la justice soient effectivement exécutées », a-t-il poursuivi. Une requête formulée semble-t-il au nom de la coopération judiciaire et de la lutte contre la corruption. 

Cet appel n’est pas sans rappeler une précédente interpellation du Chef de l’État adressée, quelques semaines plus tôt, à son homologue français Emmanuel Macron, lors de son séjour officiel à Libreville. Déjà, Brice Clotaire Oligui Nguema avait invité les autorités françaises à prendre les dispositions nécessaires pour faciliter l’exécution des décisions de justice concernant les mêmes condamnés, donnant ainsi à la procédure judiciaire nationale une résonance diplomatique assumée.

Si la coopération internationale en matière judiciaire peut constituer un levier reconnu dans la lutte contre la criminalité financière transnationale, la démarche présidentielle n’en demeure pas moins singulière. Elle interroge, avec une certaine élégance institutionnelle, sur la portée d’un appel à l’implication directe d’États tiers dans l’exécution de décisions rendues par une justice pourtant proclamée souveraine, libre et indépendante. Une indépendance que l’on sollicite désormais, semble-t-il, avec le concours appuyé de partenaires extérieurs. 

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