
Libreville, le 20 Janvier 2025 – (Dépêches 241). Le climat social gabonais s’assombrit un peu plus chaque jour. Moins de vingt-quatre heures après l’interpellation de Marcel Libama, une autre figure emblématique du mouvement syndical gabonais vient d’être arrêtée. À l’aube, Simon Ndong Edzo, syndicaliste connu de notoriété publique et conseiller du bureau national du Syndicat autonome des enseignants du Gabon (SAEG), a été interpellé à son domicile par les éléments de la Direction générale des recherches (DGR), ravivant les inquiétudes sur la dérive répressive du pouvoir.
À six heures du matin, alors que la ville dormait encore, la porte du domicile de Simon Ndong Edzo s’est ouverte sur une scène lourde de symboles. L’arrestation, confirmée par une note vocale de son fils rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, a aussitôt suscité stupeur et indignation. Connu pour ses combats syndicaux constants et son engagement en faveur des enseignants, Ndong Edzo rejoint ainsi Marcel Libama, interpellé la veille, dans ce qui apparaît désormais comme une séquence coordonnée.
La proximité temporelle entre ces deux interpellations interroge et inquiète. En s’attaquant coup sur coup à deux figures majeures du syndicalisme, le gouvernement de la Ve République semble faire le choix assumé de la répression plutôt que celui du dialogue social. À travers ces arrestations, l’État donnerait à voir une volonté claire : intimider les enseignants, désorganiser la contestation et contraindre le mouvement de grève à plier sous la pression sécuritaire.
Cette lecture est d’ailleurs partagée par le président du SAEG, qui a dénoncé « un acte d’un autre temps qui n’honore en rien la République toute entière ». Au-delà des personnes interpellées, c’est l’image même du régime qui se trouve écornée auprès de l’opinion nationale et internationale. Celle d’un pouvoir qui, face aux revendications sociales, privilégie la contrainte à la négociation. Une posture qui, loin d’apaiser les tensions, risque au contraire d’envenimer un peu plus le climat social déjà explosif.







