La Ve République déjà en panne: Ali Bongo qui avait prévenu avait-il raison ? 

« Les Bongo sont responsables de toutes les vicissitudes du Gabon ? Très bien, nous verrons s’ils feront mieux »: Ali Bongo avait-il raison au sujet des nouvelles autorités ?  ©Dépêches 241

Libreville, le 22 janvier 2026 – (Dépêches 241). Dans une interview accordée au journal  Jeune Afrique en mai 2024, l’ex Chef d’État Gabonais, Ali Bongo Ondimba, avait presque pris l’opinion de cours en balayant d’un revers de la main les critiques de gouvernance chaotique qui lui étaient faites par les nouvelles autorités de Libreville pour justifier leur coup d’état du 30 août 2023, les mettant même au défi de faire mieux que lui. Presque 3 ans après leur prise de pouvoir, une large majorité de l’opinion semble à ce jour donner du crédit aux propos d’Ali Bongo, quand d’autres estiment même déjà que les nouvelles autorités du pays seraient en train de faire pire que le système moribond Bongo-PDG.

Ali Bongo Ondimba connaissait-il trop bien les nouveaux dirigeants du Gabon, au point de les mettre au défi de faire mieux que lui et de presque leur prédire un échec cuisant ? L’interrogation résonne avec force aujourd’hui, au regard des dérives inquiétantes observées en ce début de Cinquième République Gabonaise. Recevant Marwane Ben Yahmed de Jeune Afrique à sa résidence privée de la Sablière, le fils d’Omar Bongo avait d’abord rappelé ce qui suit: « Je n’ai pas dirigé ce pays seul. Certains de ceux qui sont aux affaires aujourd’hui et qui me vilipendent ont travaillé avec moi. N’ont-ils rien à se reprocher ? », s’était-il interrogé sur plusieurs personnalités aux manettes de l’État aujourd’hui. 

Tel un médium regardant dans sa boule de cristal, l’ancien Chef d’État Gabonais lançait un autre propos lourd de sens aujourd’hui : « Les Bongo sont responsables de toutes les vicissitudes du Gabon ? Très bien, nous verrons s’ils feront mieux », pouvait-on l’entendre dire. Si son discours avait choqué en ce temps, notamment parce qu’il semblait nier les accusations de gouvernance catastrophique qui lui sont d’ailleurs encore imputées, la réalité pourrait désormais lui donner raison, tant la situation actuelle du Gabon rappelle avec fascination les malheurs d’un passé douloureux pas si lointain.

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Comme sous Omar et Ali Bongo, l’insécurité continue de gagner du terrain, les ménages demeurent confrontés à des pénuries chroniques d’eau et d’électricité, et le chômage des jeunes atteint des sommets inquiétants, nourrissant une désespérance sociale de plus en plus palpable. À cela s’ajoute une dégradation marquée du climat social : grèves à répétition dans l’éducation et la santé, pouvoir d’achat en chute libre, inflation silencieuse qui érode les revenus des ménages les plus modestes, tandis que les promesses de justice sociale tardent à se matérialiser. 

Parallèlement, la voilure de l’État de droit semble se réduire à l’extrême, avec des arrestations ciblées, la mise sous mandat de dépôt de lanceurs d’alerte et de leaders d’opinion, et une justice de plus en plus perçue comme instrumentalisée. Enfin, la corruption et les détournements de deniers publics, ces vieux sports du milieu politico-administratif gabonais, paraissent se perpétuer sous de nouvelles formes, donnant le sentiment troublant d’une continuité plus que d’une rupture.

Ce triste bouquet offert par la Cinquième République Gabonaise conforte certains dans l’idée que l’ex Président de la République Gabonaise, Ali Bongo Ondimba, aurait eu raison trop tôt, lorsqu’il semblait presque prédire un cuisant échec aux nouvelles autorités du pays. Gageons maintenant que les nouveaux tenants du pouvoir à Libreville s’emploient à apporter un sévère démenti aux prétentions de leur prédécesseur.

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