
Libreville, le 22 janvier 2026-(Dépêches 241). L’arrestation et la mise sous mandat de dépôt des syndicalistes Marcel Libama et Simon Ndong Edzo a provoqué dans l’opinion publique gabonaise une pléthore de réactions, dont celle du député de Moanda, Alexandre Awassi. Dans une courte mais symbolique publication sur sa page Facebook officielle, le parlementaire appelle à la libération des deux figures emblématiques du syndicalisme « au nom de la vie et de la dignité »
Arrêtés et présentés devant le juge d’instruction il y a quelques jours, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, deux visages bien connus de la lutte syndicale au Gabon ont finalement été placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville, le Gros Bouquet. Cette décision a été perçue par de nombreux observateurs comme un signal préoccupant pour les libertés syndicales, ravivant les inquiétudes autour du respect de l’État de droit et de l’expression des revendications sociales.
C’est dans ce contexte que le deuxième Secrétaire de l’Assemblée nationale, Alexandre Awassi, personnalité réputée proche du régime, a choisi de rompre le silence. Dans une publication sobre mais chargée de sens sur sa page Facebook officielle, le parlementaire a appelé à la libération des deux syndicalistes « au nom de la vie et de la dignité ». Une prise de parole qui force le respect, tant elle tranche avec la prudence, voire la réserve, habituellement observée dans les rangs du pouvoir face à ce type de dossiers sensibles.
Poursuivant son propos, l’homme politique a précisé que « Ce n’est pas une position politique, c’est ma raison qui me guide. C’est la sagesse qui le commande », revendiquant de ce fait une démarche fondée non sur le calcul partisan, mais sur des principes universels. En s’exprimant de la sorte, Alexandre Awassi s’inscrit dans une tradition républicaine exigeante, où l’élu demeure avant tout le gardien des libertés fondamentales et de la dignité humaine, y compris lorsque cela implique de s’insurger contre des pratiques qu’il estime contraires à l’esprit de la République.
Au-delà de l’acte lui-même, cette sortie publique illustre un courage politique rare dans le contexte actuel. Elle rappelle que la loyauté à un régime ne saurait se confondre avec le silence face à ce qui est perçu comme une dérive. En prenant position, Alexandre Awassi démontre qu’il est possible, même au sein de la majorité, d’exprimer une dissidence responsable, mue par le souci de préserver l’équilibre entre l’autorité de l’État et le respect des droits des citoyens.
Une prise de parole publique qui, pourrait-on l’espérer, va contribuer à la libération de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo. Rappelons qu’il est notamment reproché au premier cité des faits supposés de troubles à l’ordre public, quand on reprocherait au second une présumée incitation à la grève. Le rendez-vous est désormais pris pour le 30 janvier prochain, jour du délibéré de cette affaire.







