Incarcéré et endeuillé par le décès de sa fille : le double supplice du syndicaliste Simon Ndong Edzo 

Le syndicale vit une tragédie alors qu’il est détenu préventivement, sa fille est décédé ce jour

Libreville, le 23 janvier 2026-(Dépêches 241). C’est une bien triste nouvelle à laquelle doit aujourd’hui faire face la famille du syndicaliste Ndon Edzo. Après une arrestation jugée arbitraire par une large frange de l’opinion publique nationale, un coup encore plus lourd vient de s’abattre sur les épaules déjà bien chargées de l’une des figures les plus emblématiques du syndicalisme gabonais. En effet, alors qu’il aurait été injustement – selon ses collègues – placé sous mandat de dépôt il y a quelques jours, le syndicaliste Simon Ndong Edzo vient de perdre sa fille, dans ce qui s’apparente, pour beaucoup, à un acharnement à peine voilé contre sa personne. Une situation particulièrement triste et révoltante qui place le gouvernement gabonais, lequel s’est illustré ces derniers jours par une appétence marquée pour la répression de toute voix dissonante, face à ses responsabilités.

La nouvelle a profondément choqué l’opinion publique dans toutes ses composantes. Le syndicaliste retraité, victime de ce que beaucoup qualifient d’injustice sous la Ve République, incarcéré à la prison centrale de Libreville en violation manifeste de ses droits fondamentaux, est aujourd’hui frappé par un drame familial.

 Sa fille, qui vivait à Bitam, dans la province du Woleu-Ntem, est décédée. Une épreuve d’autant plus lourde que ce vieil homme, qui devrait se reposer et jouir paisiblement du fruit de ses 37 années de service, doit désormais affronter simultanément la précarité dans laquelle l’État l’a volontairement plongé en refusant de lui payer ses droits, l’humiliation d’une incarcération fondée sur une procédure douteuse s’apparentant à un règlement de comptes à peine dissimulé, et la tragédie intime de la perte de son enfant.

C’est, visiblement, le triste sort que le régime de la Ve République semble réserver à celles et ceux qui, par leur liberté de ton, osent revendiquer leurs droits ou formuler des critiques sur sa  gestion  jugée scabreuse du pays. Cette situation est éloquente et en dit long sur l’état réel de la démocratie et de l’État de droit dans cette Ve République annoncée avec faste par les auteurs du coup de force du 30 août 2023. Elle révèle également la qualité morale des hommes actuellement à la tête du pays et leur incapacité, voire leur absolu manque de volonté, à hisser le Gabon au rang des États respectueux des droits humains.

Cette affaire ravive un souvenir douloureux de l’histoire récente du pays, celui vécu par une autre figure de proue du syndicalisme gabonais : Jean-Rémy Yama. Ce dernier avait été arbitrairement incarcéré par le régime déchu sous des accusations fallacieuses, à sans famille. Durant sa détention, il avait perdu son épouse et s’était vu refuser toute possibilité d’aller lui rendre un dernier hommage. Une attitude qui avait indigné et choqué la nation entière.

 Le régime actuel se montrera-t-il aussi insensible que son prédécesseur ? La Ve République, déjà en proie à de sérieuses turbulences, s’accommodera-t-elle à son tour d’actes inhumains semblables à ceux qui caractérisaient le régime Bongo-Valentin ? Autant d’interrogations auxquelles les autorités actuelles se doivent d’apporter des réponses claires.

Cela dit, au regard de la gestion actuelle de la crise dans le secteur de l’éducation, marquée par les arrestations controversées de Simon Ndong Edzo et de Marcel Libama, il ne serait malheureusement pas surprenant de constater une indifférence du gouvernement face à cette tragédie familiale. D’autant plus que ces mêmes autorités n’ont pas hésité à dépêcher la très redoutée DGR pour interpeller, à son domicile, un vieil homme à la retraite à six heures du matin. De quoi illustrer à quel point le pouvoir actuel semble se complaire à ressembler, comme deux gouttes d’eau, au régime qu’il prétend avoir renversé.

Au-delà des spéculations, ce décès place le régime d’Oligui Nguema dos au mur. Il lui faudra choisir entre la continuité,  traduite par les injustices, l’insensibilité et un comportement inhumanité à toute épreuve, à l’image du pouvoir qu’il dit avoir déposé,  et la rupture véritable, fondée sur le changement, la justice et l’orientation irréversible du pays vers la consolidation de la démocratie et de l’État de droit. Cette épreuve, aussi douloureuse soit-elle pour la famille endeuillée, constitue également un test politique majeur qui met le gouvernement face à ses propres contradictions

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*