
Libreville, le 26 Janvier 2026 – (Dépêches 241). Le climat social demeure particulièrement délétère au Gabon. Après les enseignants, les personnels de santé et d’autres secteurs clés de la vie nationale, c’est désormais au tour des agents de la Communication d’entrer dans la danse revendicative. Une nouvelle illustration d’un pays où, à bien des égards, l’activité administrative et sociale semble progressivement se gripper.
Ce lundi 26 janvier 2026, les membres du Syndicat des professionnels de la communication (Syprocom) ont observé un mouvement de grève à la Maison Georges Rawiri, siège emblématique de la communication publique. À l’origine de cette mobilisation, une mesure jugée abusive par les agents : l’obligation de s’inscrire sur une liste nominative et de signer un engagement préalable pour accéder à leur lieu de travail.
Une démarche que le Syprocom assimile à une tentative de pression et de dissuasion syndicale. « Non aux techniques d’intimidation », martèle l’organisation syndicale, qui estime que ces pratiques portent atteinte aux libertés syndicales et au droit fondamental de grève, pourtant garantis par les textes en vigueur.
Pour le syndicat, il ne s’agit nullement d’un simple désaccord administratif, mais bien d’un problème de gouvernance sociale. En imposant de telles conditions, l’administration donnerait le sentiment de vouloir contraindre plutôt que dialoguer, dans un contexte déjà marqué par une défiance croissante entre les travailleurs et les autorités.
Ce mouvement intervient alors que quasiment tous les secteurs d’activité du pays sont traversés par des tensions similaires. Retards de paiement, conditions de travail dégradées, absence de dialogue social structuré. Autant de maux récurrents qui nourrissent un malaise profond et généralisé. La grève des agents de la Communication apparaît ainsi comme un symptôme supplémentaire d’une crise sociale plus large, révélatrice d’un État en difficulté face aux attentes de ses agents.







