
Libreville, le 23 Mars 2026 – (Dépêches 241). Candidat à sa propre succession à la tête de la Fédération gabonaise de football, Pierre Alain Mounguengui a officiellement , le 18 mars dernier, déposé son dossier de candidature conformément au calendrier électoral fixé par la commission mise en place lors du dernier congrès de la Fegafoot. Dans cet entretien accordé à Dépêches 241, le président sortant revient sur le sens de sa démarche, répond aux interrogations sur sa supposée inéligibilité et décline l’esprit dans lequel il aborde ce nouveau rendez-vous électoral. Entre respect des textes, clarification juridique et volonté de poursuivre le travail engagé, Pierre Alain Mounguengui affirme vouloir désormais exercer son action dans un climat apaisé.
Dépêches 241: Pierre Alain Mounguengui, quel est votre sentiment après avoir satisfait à l’une des exigences du calendrier électoral qu’est le dépôt de la candidature ?
Pierre Alain Mounguengui: « Écoutez, je dirais d’abord que c’est un sentiment de satisfaction et de responsabilité. Satisfaction parce que nous venons de franchir une étape importante du processus électoral, qui est le dépôt officiel de la candidature. Mais c’est aussi un moment qui appelle à la responsabilité, car au-delà de l’acte administratif, cela marque la volonté de poursuivre un travail engagé au service du football gabonais.
Il faut rappeler que ce processus n’est pas improvisé. Il s’inscrit dans un cadre bien précis, celui fixé par la commission électorale mise en place lors de la dernière Assemblée générale, le congrès de la Fédération gabonaise de football. Cette commission, conformément à nos textes, a publié un calendrier clair pour l’organisation de l’élection du prochain comité exécutif.
« Avec l’élan actuel de la Ve République et la volonté de restaurer la dignité des citoyens, j’ai jugé opportun de me représenter avec l’espoir de pouvoir enfin accomplir un mandat sans les persécutions qui ont marqué les précédents » – Pierre Alain Mounguengui
Sachant que le comité exécutif actuel que je dirige a été élu le 16 avril 2022, il est tout à fait normal que ce calendrier soit respecté. Ces échéances correspondent d’ailleurs au cycle des olympiades tel que suivi par la FIFA, qui attend elle aussi le renouvellement des instances à la même période.
Donc aujourd’hui, en déposant ma candidature, je me conforme simplement à ce chronogramme établi par la commission électorale. C’est une étape normale dans la vie institutionnelle de la Fédération. Maintenant, le processus va suivre son cours, et le moment venu, ce seront les acteurs du football gabonais qui auront la responsabilité de se prononcer »
Dépêches 241: Pierre Alain Mounguengui peut-il décliner son ambition pour ce nouveau mandat, si jamais au soir de l’élection il est réélu ?
PAM: « Très honnêtement, j’ai déjà derrière moi trois mandats à la tête de la Fédération, et je pense que tous ceux qui suivent l’actualité du football de notre pays savent dans quelles conditions ces mandats se sont déroulés. J’ai eu un premier mandat que l’on peut qualifier de normal, où nous avons travaillé avec une certaine stabilité. Mais les deux mandats qui ont suivi ont été beaucoup plus compliqués, marqués par des épreuves et des turbulences qui ont parfois dépassé le cadre strictement sportif.
Vous savez aussi que, par le passé, certains adversaires que j’ai battus dans les urnes ont utilisé leurs relations pour tenter de m’écarter, allant même jusqu’à me faire jeter en prison. Ce sont des épisodes que tout le monde connaît aujourd’hui et qui ont forcément eu un impact sur la manière dont ces mandats ont été exercés.
« Les statuts sont clairs : la limitation des mandats ne prend effet qu’après cette élection. Aujourd’hui, rien ne m’empêche donc de me présenter à nouveau.»— Pierre Alain Mounguengui
Malgré cela, nous avons continué à travailler, à tenir la Fédération debout et à défendre les intérêts du football gabonais. Aujourd’hui, avec le contexte nouveau que connaît notre pays, notamment avec l’élan de la Ve République et la volonté affichée par les autorités actuelles de restaurer la dignité des citoyens et l’équité dans les institutions, j’ai estimé qu’il était opportun de me représenter.
Mon ambition, si les acteurs du football me renouvellent leur confiance, est tout simplement de pouvoir travailler dans un climat plus serein, sans les persécutions et les entraves qui ont marqué les précédents mandats. Cela permettrait de se concentrer pleinement sur l’essentiel : le développement du football gabonais, la consolidation de nos structures et la mise en œuvre des projets qui peuvent faire avancer notre football. »
Dépêches 241: Que répondez-vous à ceux-là qui, il y a encore quelques semaines, ont fait poindre l’idée dans l’opinion de votre impossibilité ou inéligibilité à vous présenter à nouveau à une élection du Comex ?
PAM: « Écoutez, je pense qu’il faut d’abord revenir aux faits et aux textes. Les anciens statuts de la Fédération ne limitaient pas le nombre de mandats. La limitation des mandats est une disposition qui figure dans les statuts actuels, mais elle ne prend effet qu’après cette élection. Autrement dit, juridiquement et statutairement, rien ne m’empêche de me porter candidat aujourd’hui.
Deuxièmement, je jouis pleinement de tous mes droits civiques et sportifs pour pouvoir postuler à nouveau à la tête de la Fédération gabonaise de football. Donc, très sincèrement, je ne sais pas sur quelle base certains peuvent affirmer que je ne serais pas éligible ou légitime pour me représenter.
Je comprends que certains fassent allusion à l’épisode de mon incarcération. C’est vrai, j’ai passé six mois en prison dans des conditions que l’opinion connaît. Mais il faut aussi rappeler la suite de cette affaire : la justice gabonaise s’est prononcée et j’ai été acquitté, avec un non-lieu. Le dossier qui avait également été évoqué au niveau de la FIFA a été examiné et clôturé.
À partir de ce moment-là, les choses sont claires. Sur le plan juridique comme sur le plan institutionnel, il n’y a plus aucune ambiguïté. Aujourd’hui, je suis dans la même situation que n’importe quel citoyen gabonais qui remplit les conditions requises pour se présenter. Et à ce titre, je pense être tout à fait légitime pour briguer à nouveau la présidence de la Fédération gabonaise de football, en laissant bien sûr aux acteurs du football le soin d’en décider au moment venu »







