
Libreville, le 1er avril 2026 – (Dépêches 241). Il avait déclaré sa candidature depuis des mois, investi les plateaux de télévision et de radio, animé des conférences de presse tonitruantes. Pourtant, au moment décisif, celui qui se rêvait président de la Fédération Gabonaise de Football n’a pas été capable de déposer un dossier conforme, incapable même de s’acquitter d’une caution symbolique d’un million de francs CFA. Débouté par le tribunal de première instance de Libreville, le Dr Axel Nguema Edou annonce désormais vouloir saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) en Suisse. Une posture qui confine à l’absurde.
Le football gabonais souffre. Sa gouvernance vacille, sa crédibilité s’effrite, et le Comité Exécutif sortant dirigé par Pierre Alain Mounguengui, surnommé affectueusement « PAM » concentre les accusations de ses adversaires. Pour ces derniers, il faut du sang neuf à la tête de l’instance faîtière. Le discours est lisible, la critique légitime. Jusqu’ici, le tableau paraît cohérent. Mais la cohérence pour les pourfendeurs du candidat sortant s’arrête précisément là où commence l’épreuve des faits.
Car au moment de présenter des candidatures conformes aux textes de l’institution qu’ils prétendent réformer, les contempteurs de PAM ont affiché une étonnante légèreté, caution d’un million non versée, listes de colistiers absentes, parrainages requis introuvables. Et dans cette légèreté, la situation du Docteur Axel Nguema Edou est, à cet égard, la plus emblématique. Lui qui avait déclaré sa candidature tres tot, lui qui avait écumé les antennes et détaillé son projet avec une assurance de façade, s’est révélé incapable de soumettre à la commission électorale un dossier complet. Pas même la caution, symbolique dans son montant d’un million, impérative dans sa signification. Une attitude qui interroge et qui pourrait donner l’impression d’un autre aventurier, constant dans l’inconséquence, brillant dans la posture mais défaillant dans l’essentiel.
Les gesticulations d’un candidat sans dossier
Débouté par le tribunal de première instance de Libreville , qui s’est à juste titre déclaré incompétent, Nguema Edou n’a pas rangé ses ambitions. Le voilà à nouveau tout feu tout flamme, saisissant les juridictions, dénonçant une pseudo-injustice avec l’indignation de celui qui aurait scrupuleusement respecté toutes les règles. C’est là que le masque tombe.
Car et il faut le dire, on ne peut dénoncer les manquements d’une institution lorsqu’on s’est soi-même montré incapable d’en maîtriser les textes élémentaires. On ne peut se poser en victime d’un processus électoral dont on a, en premier lieu, ignoré les exigences. Cette attitude, gesticulations médiatiques, saisines judiciaires en cascade, effets d’annonce, n’est pas celle d’un candidat sérieux mais celle d’un candidat qui, faute de pouvoir gouverner, cherche à exister.
Le TAS ne se saisit pas avec du vent
Le Dr Axel Nguema Edou entend donc porter son dossier devant le Tribunal Arbitral du Sport, à Lausanne. L’ambition est grande, elle est même noble. Mais les moyens vont-ils suivre ? Car le TAS n’est pas une tribune pour des tribuns en mal de publicité. C’est une juridiction exigeante, qui requiert des arguments solides, des preuves établies et des conseils juridiques aguerris. Le Tribunal arbitrale du Sport pour insister, n’est pas la scène des improvisations ni des gesticulations médiatiques. On n’y va pas avec des approximations, mais avec des arguments solides. À défaut, la démarche ressemble davantage à celle d’aventuriers cherchant l’éclat des projecteurs qu’à celle d’hommes de conviction déterminés à défendre un droit.
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Car au fond, c’est bien là que réside le problème. On ne prétend pas diriger la Fegafoot lorsque l’on se montre incapable de satisfaire aux exigences les plus élémentaires de sa propre candidature. Le football gabonais a sans doute besoin de réformes et de débats exigeants, c’est un fait, mais il a surtout besoin d’acteurs sérieux. Le TAS pour l’image du Gabon mérite mieux que les aventures de ceux qui n’ont, pour tout bagage, que leur propre bruit. Et le football gabonais, en crise, mérite mieux que des candidats qui instrumentalisent ses fractures pour soigner leur visibilité.







