
Libreville, le 18 Mai 2026 – (Dépêches 241). Le 25 avril 2026, au Stade Dominique Rocheteau d’Asnières-sur-Seine, ACTIONS PREPAS GABON, réseau des anciens élèves des classes préparatoires du Lycée National Léon Mba, ces fameuses « Maths Sups » qui ont forgé plusieurs générations d’ingénieurs et de cadres gabonais réunissait près de quatre cents participants autour d’une journée sportive et culturelle dont la vocation réelle dépassait largement le cadre festif. Derrière les matchs de gala et les stands conviviaux se tenait, en effet, une conversation d’une tout autre portée. Celle d’une élite scientifique expatriée qui réfléchit, sérieusement et méthodiquement, aux conditions de son retour au service du Gabon. Une ambition que les nouvelles autorités du pays gagneraient à entendre et à accompagner avec la même détermination qu’elle manifeste.
Ce qui distingue la journée du 25 avril de la simple célébration communautaire, c’est la densité intellectuelle et stratégique de ses échanges. Au cœur du programme, des tables-rondes et rencontres informelles ont réuni ingénieurs gabonais résidant en France, étudiants en formation, anciens des classes préparatoires et partenaires institutionnels autour d’une question qui n’a rien d’abstraite : à quelles conditions les compétences scientifiques et techniques de la diaspora peuvent-elles être rapatriées et mobilisées au profit du développement national ?
Le temps fort d’une journée : quand l’ingénierie se met au service de la patrie
Les discussions ont produit des pistes concrètes, articulées autour de trois axes complémentaires. Le premier porte sur les modalités d’un retour organisé, non pas le retour subi ou improvisé, mais celui qui s’anticipe, se prépare et se négocie avec les institutions d’accueil. Le second concerne les projets collaboratifs susceptibles de créer des passerelles durables entre la diaspora et le tissu économique gabonais : transfert de savoir-faire, partenariats universitaires, incubateurs d’entreprises, écosystèmes entrepreneuriaux.
Le troisième, peut-être le plus décisif, touche aux conditions d’intégration professionnelle au Gabon, question centrale dont on sait qu’elle conditionne, plus que toute autre, la décision effective de rentrer. Ce n’est pas là l’exercice rhétorique d’une diaspora qui se regarde briller, c’est le travail sérieux d’hommes et de femmes formés à la rigueur des classes préparatoires, qui appliquent à leur engagement patriotique les mêmes exigences qu’à leur pratique professionnelle.
Une journée, plusieurs visages d’une même ambition
Outre ces échanges stratégiques, la journée a su ménager les espaces de convivialité et de transmission sans lesquels nulle communauté ne saurait se perpétuer. Le barbecue de solidarité, les stands tenus par les anciens et le match de gala organisé avec le concours de « Let’s Foot Again » ont offert aux participants, toutes générations confondues, ces instants de cohésion intergénérationnelle que les grandes structures formelles ne savent pas toujours créer. C’est dans ces marges que les vocations s’allument et que les plus jeunes, encore étudiants, mesurent ce que leurs aînés ont construit et ce qu’ils leur lèguent en héritage.
L’un des temps forts de cette dimension culturelle a été la mise en lumière des ouvrages scientifiques d’EBANG MEZUI Harry, ancien étudiant dont le projet éditorial, conçu à destination des collèges et lycées du Gabon, incarne précisément ce que le réseau entend promouvoir : la valorisation des savoirs gabonais produits à l’étranger, ramenés vers le pays sous une forme utile, accessible et structurante. Saluer une telle initiative, c’est reconnaître que le retour des compétences ne se mesure pas uniquement en termes de présence physique, il passe aussi, et parfois d’abord, par la transmission intellectuelle.
La journée doit également à ses partenaires institutionnels une partie de son succès. La Mairie d’Asnières-sur-Seine, l’administration des classes préparatoires du Lycée National Léon Mba, l’Association des Parents d’Élèves des « Maths Sups », l’Agence Nationale des Bourses du Gabon dans son antenne parisienne, et Campus France Paris ont tous apporté leur concours à une dynamique dont la portée excède de loin le territoire d’une seule journée.
Un appel aux autorités : ne pas laisser cette énergie se dissiper
ACTIONS PREPAS GABON ne s’arrête pas au bilan de cette journée. L’association annonce la structuration d’une suite ambitieuse : ateliers thématiques sur l’emploi, l’entrepreneuriat et le transfert technologique ; organisation du prochain forum d’orientation et d’emploi des étudiants des classes préparatoires ; lancement d’un programme pilote dédié au retour et à l’intégration des ingénieurs gabonais. En juillet prochain, la traditionnelle « Journée Bleus-Caciques » accueillera la nouvelle promotion d’étudiants à Asnières-sur-Seine, perpétuant ainsi le cycle de transmission qui fait la force du réseau.
C’est ici que les nouvelles autorités gabonaises sont interpellées, avec tout le respect que leur doit une communauté qui partage ses ambitions pour le pays. Le Plan National de Croissance et de Développement ne se réalisera pas sans les ingénieurs, les techniciens, les cadres scientifiques que le Gabon a eu le mérite de former et que la France a eu l’avantage d’accueillir.
ACTIONS PREPAS GABON fait, à sa manière et avec ses moyens propres, un travail de défrichage que l’État devrait non seulement saluer, mais accompagner en créant les conditions fiscales, professionnelles et institutionnelles qui rendent le retour désirable en ouvrant des canaux de dialogue formels avec les réseaux de la diaspora qualifiée en faisant du rapatriement des compétences une priorité de politique publique et non un vœu pieux.
En somme, cette initiative de ACTIONS PREPAS GABON montre que l’énergie est là. La volonté également. La compétence ne souffre d’aucune constatation. Il appartient désormais à ceux qui gouvernent de tendre la main à ceux qui, depuis l’autre rive, n’attendent que le signal pour traverser.







