Litige foncier : le passage d’Oligui Nguema à Nkoltang, une étape décisive pour mettre à nue les tentatives d’expropriation de l’ANUTTC et de la SCI KMJ / LEKABI ? 

Le passage du Chef de l’Etat ce jour à Nkoltang va t-il permettre de mettre fin aux velléités d’expropriation des SCI KMJ / LEKABI ?

Libreville, 2 juin 2026-(Dépêches 241) Les conflits fonciers continuent de se multiplier au Gabon, laissant de nombreuses familles démunies face à des procédures qu’elles jugent injustes. À Nkoltang, dans la commune de Ntoum, plusieurs habitants et propriétaires de parcelles affirment être victimes d’une opération de déguerpissement qu’ils attribuent aux SCI KMJ et LEKABI, agissant avec la complicité présumée de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC). Selon les riverains, les promoteurs du projet Lekabi invoqueraient le nom du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour justifier l’occupation de leurs terrains et leur éviction.

Cette situation suscite une vive incompréhension au sein des populations concernées. Depuis plusieurs mois, les habitants dénoncent des méthodes qu’ils qualifient de brutales et opaques, estimant que leurs droits fonciers sont bafoués. Pour eux, il est difficile d’admettre qu’un projet présenté comme relevant de la volonté du chef de l’État puisse conduire à l’expropriation de citoyens sans garanties suffisantes ni véritable concertation.

Ces dernières années, les questions foncières se sont imposées comme l’une des principales sources de tensions entre les populations et certaines administrations ou opérateurs privés. Entre les litiges impliquant la Société nationale immobilière (SNI) et ceux mettant en cause des promoteurs privés, de nombreux Gabonais ont le sentiment d’être menacés de perdre les terres qu’ils occupent parfois depuis plusieurs décennies. À Nkoltang, les habitants affirment que le projet Lekabi s’inscrit dans cette dynamique préoccupante.

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Pourtant, les orientations affichées par le président de la République en matière foncière semblent aller dans une tout autre direction. Les réformes engagées visent officiellement à favoriser l’accès à la propriété et à sécuriser les droits fonciers des populations. Dans ses différentes prises de parole, le chef de l’État a régulièrement insisté sur la nécessité d’intégrer les populations concernées aux projets d’aménagement et d’urbanisation, tout en veillant au respect de leurs droits et intérêts.

Dans ces conditions, la visite du président de la République à Nkoltang ce jour, représente donc une occasion particulière pour les habitants de faire entendre leurs préoccupations. Les populations espèrent pouvoir lui exposer directement leur situation et dénoncer ce qu’elles considèrent comme un usage abusif de son nom par les promoteurs du projet Lekabi. Elles sollicitent également son arbitrage afin de mettre un terme aux pratiques qu’elles attribuent à certains responsables administratifs et opérateurs privés impliqués dans ce dossier.

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Ainsi, pour les habitants de Nkoltang, l’enjeu dépasse la simple question foncière. Il s’agit de préserver le seul patrimoine dont disposent parfois des familles entières. À l’heure où les autorités affichent leur volonté de renforcer la justice sociale et la sécurité foncière, les populations attendent des réponses concrètes et une clarification rapide de ce dossier, afin que la loi protège les citoyens plutôt que de servir d’instrument à leur dépossession.

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