
Libreville, le 28 Juillet 2026 – (Dépêches 241) C’est une page majeure de l’histoire diplomatique gabonaise qui vient de se refermer. Après plus de cinquante années de contestation, le Gabon et la Guinée équatoriale ont officiellement mis fin au différend territorial qui les opposait autour de l’île Mbanié et des îlots voisins Cocotiers et Conga.
Selon des informations rapportées par l’Agence France-Presse (AFP), relayées par nos confrères de Gabon Actu les deux États ont signé, mardi 28 juillet, au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, un accord actant leur engagement à respecter la décision rendue par la Cour internationale de justice (CIJ) en mai 2025. La plus haute juridiction des Nations unies avait alors reconnu la validité du titre historique transmis par l’Espagne à la Guinée équatoriale après son accession à l’indépendance en 1968 (AFP ; Cour internationale de justice, décision du 19 mai 2025).
LIRE AUSSI: Île Mbanié : un accord de médiation africaine attendu « dans les prochaines semaines »
Lors de cette cérémonie, le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Simeón Oyono Esono Angue, et le président du Conseil constitutionnel gabonais, Dieudonné Aba’a Owono, ont signé l’accord consacrant la fin définitive du contentieux. Le texte a également été paraphé par Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, qui a salué la résolution d’un « différend frontalier qui n’a que trop duré » (Union africaine ; AFP).
Une première blessure diplomatique pour la Ve République d’Oligui Nguema
Pour Malabo, l’issue est une victoire diplomatique majeure. Pour Libreville, elle marque au contraire la fin d’une longue bataille juridique avec un goût amer. En acceptant officiellement l’application de la décision de la CIJ, le Gabon abandonne définitivement toute prétention sur ces territoires insulaires.
Cette issue constitue un revers symbolique important pour la Ve République portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Arrivé au pouvoir avec la promesse de restaurer la souveraineté nationale et de défendre les intérêts stratégiques du Gabon, le nouveau régime se retrouve confronté à l’un de ses premiers grands dossiers internationaux : celui d’une perte territoriale reconnue par une juridiction internationale.
Même si le contentieux est antérieur à son arrivée au pouvoir et trouve ses racines dans plusieurs décennies de relations diplomatiques, cette conclusion intervient sous son mandat et restera associée à la nouvelle République gabonaise. Dans l’opinion publique, l’affaire Mbanié pourrait être perçue comme une défaite historique, tant l’île représentait un symbole de souveraineté nationale et un enjeu stratégique dans une zone maritime potentiellement riche en ressources naturelles.
Résignation et déception derrière le discours policée
Le gouvernement gabonais tente toutefois de transformer cette page judiciaire en nouvelle étape de coopération régionale. Le président du Conseil constitutionnel, Dieudonné Aba’a Owono, a estimé que l’accord ouvrait « une nouvelle ère de coopération avec la Guinée équatoriale » (AFP).
Mais derrière le discours diplomatique, une réalité demeure : après un demi-siècle de revendications, le Gabon perd définitivement la bataille de Mbanié.







