ENS: Les élèves professeurs adressent une nouvelle lettre au Chef de l’Etat

Les élèves professeurs de l’ENS en appellent une nouvelle fois en la mansuétude d’Ali Bongo Ondimba ©DR

Libreville, le 22 mars 2022 (Dépêches 241). Désabusés et clochardisés, abandonnés par une administration inhumaine, les élèves-professeurs exclus abusivement de l’Ecole normale supérieure, lancent un nouvel appel au Président de la République à travers cette lettre que nous publions in-extenso.  

C’est avec respect et déférence que nous ( le collectif des élèves-professeurs abusivement exclus) venons auprès de votre haute bienveillance, solliciter un arbitrage dans le contentieux qui nous oppose à notre administration aujourd’hui.

Monsieur le Président de la République, nous vous prions tout d’abord de bien vouloir excuser le canal peu orthodoxe (Facebook) que nous utilisons pour cette énième interpellation.

En effet, cela fait exactement 116 jours que nous observons un mouvement  de grève devant le portail de l’ENS, uniquement dans le but de réclamer la tenue d’un nouveau conseil en appel, tel que prévu par les dispositions réglementaires en vigueur.

Monsieur le Président de la République, en lisant attentivement et de manière assidue votre projet de société  » l’Avenir en Confiance », projet de société sur la base duquel les gabonais vous ont élu en 2009, deux axes retiennent particulièrement notre attention, il s’agit : de l’Axe stratégique N°1, « Consolider l’État de droit » et l’Axe stratégique N°9, «  Lutter contre les inégalités, la pauvreté et l’exclusion ».

Monsieur le Président de la République, nous avons certainement pris part à une grève qui a eu le don d’entraver le déroulement normal des activités académiques et pédagogiques au sein de notre établissement, mais nous n’avons tué, injurié, blessé personne, encore moins détruit ou dégradé quelque bien public ou privé que ce soit.

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Monsieur le Président de la République, sans prétention ni arrogance, depuis plus d’un an déjà, nous continuons de réclamer de la part de notre administration une seule chose : en lieu et place de la construction et du grossissement anormal des faits perpétrés durant ce mouvement de grève, plutôt un examen objectif de ceux-ci, leur restitution impartiale, et, conséquemment, la prononciation d’un jugement délesté de toute volonté punitive juste pour donner à voir sa puissance comme tel semble être le cas dans l’exclusion qui nous frappe.

Après quatre mois de grève aujourd’hui, nous avons connu des infortunes diverses : l’hospitalisation de l’un d’entre nous (Mombo Amédée) au sein de l’hôpital sino-gabonais de Belle-vue, l’intervention à notre chevet du Dr. Wenceslas Yaba et sa très dynamique équipe du Samu Social à deux reprises,  et plus récemment encore, un lâche et abominable braquage ici à notre piquet de grève par un groupe de jeunes armés de machettes et de couteaux. Monsieur le Président de la République, faut-il attendre que le pire advienne pour que l’administration de l’ENS se décide enfin d’examiner nos recours ? 

C’est donc notre profond désarroi et notre extrême détresse qui nous obligent aujourd’hui à solliciter votre mansuétude et votre longanimité, sans cesse démontrées depuis votre accession à la Magistrature Suprême en 2009. Ce ne sont pas les nombreux prisonniers et la multitude des gabonais qui ont bénéficié de ces deux vertus de vous qui viendront doucher l’espoir que nous portons désormais uniquement sur vous, Monsieur le Président de la République.

Monsieur le Président de la République, depuis votre accession à la Magistrature Suprême en 2009, vos efforts consentis à l’endroit de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et de son employabilité restent énormes. Aussi, dans la situation qui est la nôtre, étant tous à quelques semaines de la fin de notre formation (Master), la décision de l’administration de l’ENS de nous exclure définitivement sonne pour nous et pour nos familles comme une condamnation à une mort sociale certaine, mais également pour l’État comme une perte après tant de ressources financières engagées pour notre formation.

Tout en espérant que notre cri de détresse retiennent votre attention particulière, et connaissant votre sensibilité pour la condition de la jeunesse gabonaise, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre profonde considération.

        Le collectif des élèves-professeurs abusivement exclus de l’ENS.

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