
Libreville, le 09 août 2022 – (Dépêches 241). Au titre des priorités du 2ème mandat d’Ali Bongo figure la lutte contre la corruption. Mais l’intransigeance promise par le chef de l’État semble s’appliquer uniquement à l’endroit des Bla-Boys, pour qui la main de la justice ne tremble pas. Dans le même temps, des intimes d’Ali Bongo nommément cités dans des affaires de détournement des deniers continuent de rouler carrosses sans la moindre inquiétude.
Dès sa réélection en 2016, Ali Bongo Ondimba décide de faire de la lutte contre la corruption dixit: « l’une de mes plus grandes priorités ». C’est dans cette optique que naissent les opérations de lutte contre la corruption « Mamba » et « scorpion ». S’il est vrai que ces opérations ont causé la chute de plusieurs cadres de la haute administration du pays, jetés en prison pour des faits avérés de corruption et de détournement de fonds publics, « la politique de la tolérance zéro » , chère à Ali Bongo demeure une fumisterie.
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Sinon comment comprendre que le ministre du pétrole, Vincent de Paul Massassa continue d’émarger au gouvernement après « l’affaire des mallettes » contenant près de 150 millions de Fcfa posées au cabinet du Premier ministre et perçu comme une tentative de corruption par Ossouka Raponda himself. Cet acte avait d’ailleurs été dénoncé par le chef du Gouvernement lors du conseil des ministres du 11 août 2011, sans qu’aucune sanction ne soit prise contre le ministre incriminé.
Plus récemment, lors du procès de Patrichi Tanassa, ancien patron de la GOC, condamné à 08 ans de prison pour détournement de fonds publics, ce dernier révèle que son prédécesseur, Arnauld Engandji, aurait distrait plus de 40 milliards de Fcfa dans des opérations non identifiées et sans aucune pièce justificative. Plus grave encore, lors du même procès, plusieurs intimes du chef de l’État ont été nommément cités sans que ces derniers ne soient convoqués à la barre.
Que dire des détournements supposés de la manne financière générée par la Covid-19 révélés par le Copil Citoyen et confirmés par le rapport du Cabinet Deloitte ? Jusqu’à lors, aucune enquête n’a été ouverte malgré des sommes abyssales supposément détournées. La politique de Tolérance zéro ne s’applique-t-elle que contre les Bla boys? De quoi conforter une partie de l’opinion qui dénonce un procès politique.
Point besoin à nouveau de remettre en question la raison d’être du ministre de la promotion de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, Francis Nkea Ndzigue au Gouvernement. Lui qui est chargé de mettre en branle la politique de tolérance zéro chère à Ali Bongo. Aussi, la plus value d’un organisme tel que la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite peine à être perceptible, tant la corruption ne s’est jamais si bien portée dans notre pays.







