Procès sogara : qui est la magistrate ayant trafiqué les PV avec Noël Mboumba ?

Dans une affaire d’une telle gravité, la volonté de garder anonyme l’identité de la magistrate fait tâche

Libreville, le 5 Juin 2024 – (Dépêches 241). Depuis de nombreux jours, l’actualité est marquée par le procès de Brice Laccruche Alihanga dans l’affaire SOGARA, impliquant également les nombreux collaborateurs de l’ancien Directeur de Cabinet d’Ali Bongo Ondimba. Si les faits qui leur sont reprochés sont déjà suffisamment graves, ce sont davantage les révélations faites par Noël Mboumba, ancien Directeur Général de ladite société qui heurtent aujourd’hui. Lors du procès, « Judas Iscariot » Mboumba a affirmé avoir été mis sous pression par une juge en charge du dossier pour enfoncer BLA dans cette affaire. 

Dans le procès de l’affaire SOGARA, opposant Brice Laccruche Alihanga et plusieurs de ses anciens lieutenants, Noël Mboumba en l’occurrence, des révélations choquantes ont été faites par celui qui est considéré aujourd’hui comme un des traîtres les plus emblématiques de la politique Gabonaise. Sans maquiller son discours, l’ancien Directeur Général de SOGARA a avoué avoir menti sur instruction de la juge chargée du dossier pour couler davantage BLA. « La juge d’instruction me dictait les déclarations à mettre dans mes procès-verbaux », a d’abord confié Noël Mboumba à la barre, avant de poursuivre « J’ai subi des pressions afin de retirer les noms de Noureddin Bongo Valentin et Ali Bongo Ondimba et surtout pour modifier mes déclarations ! »

Avec l’arrivée au pouvoir du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), les espoirs les plus optimistes étaient désormais autorisés, et ce, dans tous les pans de la société gabonaise, y compris dans le domaine de la justice. C’est tout le sens de l’Ordonnance n°0003 /PT/ 2023 du 2 septembre 2023 révisée par la loi n°001/2023 du 6 octobre 2023 par la biais de l’article 2 alinéa 4 de la Chartes de la Transition qui promettait notamment le « renforcement de l’indépendance de la Justice et la lutte contre l’impunité ». Seulement, plusieurs mois après l’arrivée de nouvelles autorités à la  tête du Département justice, les méthodes et agissements qui ont longtemps été décriés sous le régime déchu continuent de perdurer et de s’exprimer même de la façon la plus perverse. 

Les propos de Noël Mboumba sont d’une netteté et d’une clarté irréprochables. Alors, l’opinion s’interroge sur l’identité de cette juge qui commandait à Noël Mboumba de mentir pour enfoncer son ancien mentor. Qui est donc cette juge d’instruction ? Pourquoi depuis ces déclarations d’une extrême gravité, l’identité de cette dernière n’a jamais été révélée ? Pourquoi le Synamag garde-t-il ce silence ? Pourquoi Noël Mboumba ne l’a pas nommément citée et pourquoi les juges n’ont pas demandé à connaître cette identité ? Bénéficie-t-elle une puissante couverture au point de ne pas être inquiétée jusqu’à présent ? Si oui laquelle ? 

L’opinion attend des réponses claires à toutes ces questions pour que la promesse de la restauration de la justice gabonaise soit effective, le contraire ne serait que forfaiture et imposture. 

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