Dépêche de la présidentielle: Le Pr Mengara dit tenir des preuves de corruption du Directeur Centrale des Élections à l’endroit de son candidat 

le Professeur Daniel Mengara accuse Jean Dieudonné Yaya d’acte de corruption ©DR

Libreville, le 24 mars 2025 – (Dépêches 241). L’opinion se réveille ce lundi matin sous le signe d’une indignation particulièrement frappante, suite aux révélations suffisamment graves faites par le Professeur Daniel Mengara lors de son émission en direct sur YouTube. Révélations d’après lesquelles le Ministère de l’Intérieur, par l’intermédiaire du Directeur Général des Élections, Monsieur Yaya Dieudonné, aurait proposé à Monsieur Wilfried Bouka, candidat recalé à l’élection présidentielle, de payer sa caution afin que celui-ci reconnaisse la victoire de Brice Clotaire Oligui Nguema au soir du 12 avril prochain. Si ces révélations sont avérées, le peuple serait désormais en droit de s’inquiéter de la crédibilité et de la transparence de cette élection.

Dans son discours du 4 septembre 2023, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema promettait au peuple gabonais des élections libres, transparentes et crédibles à l’issue de la Transition. Seulement, depuis qu’il est à la tête du pays, un mauvais présage semble planer au-dessus du Gabon, car il ne se passe plus un jour sans un scandale éclaboussant la gouvernance et les pratiques des militaires au pouvoir. Ce qui n’est pas de nature à rassurer l’opinion.

Il y a quelques jours, c’est le frère cadet du Président de la Transition Aurélien Mintsa mi Nguema qui faisait la une des journaux et des réseaux sociaux, en raison de son adresse en langue Fang aux ressortissants de cette communauté, et au cours de laquelle il semblait impulser le divisionnisme, à travers un discours ethnocentrique et tribaliste assumé, sans aucune indignation ni de son frère aîné, ni d’un quelconque membre du Gouvernement. On aurait dit qu’ils sont les principaux artisans de ce nouveau visage de la politique gabonaise.

Aujourd’hui et depuis hier soir, c’est un nouveau scandale de corruption supposée qui vient ternir un peu plus l’image de cette Transition. En effet, lors de son émission devenue populaire sur YouTube, le Professeur Daniel Mengara, en compagnie de ses camarades, révélera à la face du monde que son candidat, Wilfried Bouka, dont le dossier de candidature a été rejeté pour défaut de paiement de la caution par la commission en charge de la vérification de la conformité des dossiers avec la loi, aurait été approché par un haut commis de l’État, en la personne de Yaya Dieudonné, Directeur Général des Élections. Ce dernier, ancien responsable de la commission de discipline du PDG, lui aurait proposé  le financement de sa caution, en vue d’une probable reconnaissance de la victoire du Président de la Transition, à l’issue de l’élection présidentielle du 12 avril prochain.

Le Professeur a également précisé que le candidat de son mouvement politique aurait été contacté par la Caisse de Dépôts et de Consignations (CDC), aux fins de récupérer sa caution incomplète. Or, il est établi que la caution est une condition à laquelle ne peut déroger tout potentiel candidat à l’élection présidentielle. C’est-à-dire l’opacité dans laquelle se déroule l’organisation de cette future élection. Les faits d’une extrême gravité illustrant le climat de corruption potentielle aussi bien au niveau du Ministère de l’Intérieur, que dans plusieurs autres Institutions du pays.

Des révélations qui, si elles sont avérées, non seulement ne rassurent pas l’opinion quant à la transparence et à la crédibilité de cette élection, mais rappellent et entretiennent également l’idée d’une certaine mêmeté avec le régime que les militaires au pouvoir sont censés avoir déposé le 30 août 2023. Ce, d’autant plus que depuis leur arrivée au pouvoir, ils semblent s’inscrire dans la continuité de l’ancien régime et refusent d’en sortir. On se retrouverait ainsi, avec des dirigeants transitoires vraisemblablement mus par la conservation du pouvoir et toutes les prérogatives dues à celui-ci, plutôt que de s’atteler à restaurer les institutions et la dignité des gabonais comme promis au moment de leur prise de pouvoir.

Ainsi, selon certains hommes politiques gabonais rencontrés ce matin, les révélations du Professeur Daniel Mengara mériteraient un certain crédit. Car, elles ne font que mettre au goût du jour le véritable visage et les pratiques politiques que promeuvent le CTRI et son chef de fil. Sur la base de ces observations, un nuage sombre semble désormais annoncer une élection présidentielle empreinte de tensions pouvant conduire à une nouvelle crise électorale durable, si rien n’est fait par les tenants du pouvoir actuels afin de garantir une certaine transparence dans le processus électoral en cours. 

Eu égard à ce qui précède, la question suivante peut légitimement être posée : si ces révélations sont revêtues d’une certaine véracité, doit-on aussi envisager la même approche pour les quatre candidats repêchés par la Cour Constitutionnelle après étude de leur requête ? 

Joint au téléphone par la rédaction de Dépêches 241 Dieudonné Yaya a battu en brèche les accusations de Daniel Mengara. « Je trouve ces accusations très légères. Je suis quelqu’un d’exemplaire et pour moi ces accusations ne tiennent pas. Si Monsieur Mengara a des preuves de ses affirmations, j’attends alors qu’il les mette sur la place publique », a répondu le concerné. 

Qui de Mangara ou Yaya dit vrai ? L’avenir nous le dira.

One Commentaire

  1. Si celà était vrai, c’est une situation très très grave.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*