Armée gabonaise: 2 000 milliards de FCFA, une facture salée pour une efficacité contestée ?

2000 milliards, suffisant ou beaucoup trop pour l’armée? Le débat divise au sein de l’opinion ©MontageDépêches 241

Libreville, le 4 Juin 2025 – (Dépêches 241). L’annonce d’un budget de plus de 2 000 milliards de FCFA pour l’armée gabonaise a déclenché une onde de choc dans l’opinion publique. Un montant colossal, qui interroge sur la pertinence et l’efficacité d’une telle enveloppe dans un pays dont les besoins sociaux restent énormes.

Avec environ 7 000 soldats actifs, le Gabon dispose d’une force militaire modeste, surtout comparée à ses voisins régionaux. Pourtant, la demande de financement dépasse largement ce que l’on pourrait attendre d’une armée de cette taille. Cette disproportion soulève une question centrale: à quoi servirait réellement ce budget ? Est-ce un investissement stratégique ou un simple effet d’annonce ?

Les critiques fusent. Certains dénoncent une armée bureaucrate, plus préoccupée par ses enjeux politiques et financiers que par ses missions régaliennes. D’autres pointent du doigt une institution qui semble s’éloigner de ses fonctions premières, se perdant dans des activités parallèles, au détriment de sa crédibilité et de son efficacité.

L’affaire de l’île Mbanié, perdue face à la Guinée-Équatoriale, illustre cette fragilité. Comment justifier une augmentation massive des ressources alors que des questions fondamentales de souveraineté restent en suspens ? Ce paradoxe nourrit un sentiment d’incompréhension et de frustration chez les Gabonais.

 À la vue de cette demande jugée disproportionnée, certains souvenirs douloureux et enfouis dans la conscience collective ont refait surface. Comme la tragédie d’Esther Miracle qui a coûté la vie à des dizaines de compatriotes et à travers laquelle l’inefficacité de l’armée s’est exprimée dans sa forme la plus perverse. Une armée dotée d’un budget pourtant important, mais inopérante pour une mission de sauvetage de vie ou de mort au large des côtes Gabonaises. C’est l’indécence qui a été offerte à la vue des Gabonais par l’armée nationale et Républicaine dans ce drame. 

Au-delà des chiffres, c’est une réflexion profonde sur la gouvernance militaire et la gestion des ressources publiques qui s’impose. Le Gabon doit-il continuer à investir massivement dans une armée dont les résultats sont contestés, ou réorienter ses priorités vers des secteurs plus porteurs pour le développement national ?

Cette polémique invite à un débat urgent et nécessaire: comment concilier sécurité, transparence et efficacité dans la défense nationale, sans creuser davantage les inégalités et les frustrations sociales ? Le défi est lancé, et l’avenir du Gabon en dépend. 

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