Irruption des agents de la DGR au cabinet de Me Eyue Bekale : Bilie-By-Nze alerte sur une dérive grave de l’État de droit et appelle à l’apaisement 

Le Président de Ensemble pour le Gabon dénonce l’irruption des agents de la DGR au cabinet de Me Eyue Bekale

Libreville, le 9 juillet 2025-(dépêches 241) C’est une scène inhabituelle et inquiétante qui s’est déroulée récemment dans le paysage judiciaire gabonais. Des agents de la Direction générale des recherches (DGR) ont fait irruption dans les locaux de l’avocate Eyue Bekale, inscrite aux barreaux de Paris et du Gabon, et connue pour défendre les intérêts de la famille Bongo. Une intervention controversée, d’autant plus qu’elle survient dans un climat déjà tendu, marqué le même jour par l’arrestation par la direction générale des services spéciaux ( DGSS) du beau-frère et du neveu de l’ex-première dame, Sylvia Bongo Ondimba Valentin, accusés de trafic d’ivoire, possession illégale d’armes à feu et trafic de stupéfiants , selon les propos du procureur de la République.

Cette action brutale contre une avocate en exercice a provoqué une vive réaction de l’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie-By-Nze. Ce dernier a fustigé ce qu’il qualifie de « violation grave des procédures liées à l’audition d’un avocat », rappelant que l’État de droit ne saurait s’accommoder d’agissements arbitraires. Dans une déclaration ferme, il a regretté que « chaque situation juridique se confonde désormais avec la politique et vice versa », soulignant ainsi la dangereuse imbrication entre les sphères judiciaire et politique sous le régime actuel.

Plus grave encore, Maître Eyue Bekale aurait été contraint de passer la nuit dans ses bureaux, craignant une arrestation illégale. Bilie-By-Nze dénonce une forme de séquestration déguisée : « Quatre gendarmes ont fait irruption dans ses locaux en violation totale de la loi, tandis que trois autres l’attendaient au parking, prêts à mettre la main sur elle. Pour quelle raison ? Rien ne lui a été notifié », a-t-il déclaré. Il a insisté sur l’importance du respect des règles de procédure, rappelant que « l’État de droit, c’est le respect de la loi. Et la première victime de la judiciarisation de la politique, c’est la justice elle-même », a-t-il fait remarquer. 

L’ancien chef du gouvernement voit dans ces événements les signes d’un glissement préoccupant vers une justice instrumentalisée, affaiblie par l’ingérence du politique. Pour lui, cette affaire illustre l’urgence de sortir de l’ambiguïté qui entoure l’action publique depuis le coup d’État d’août 2023, et de revenir à une gouvernance basée sur le droit et les institutions, loin des règlements de comptes politiques.

À ce titre, Bilie-By-Nze en appelle à la responsabilité du pouvoir actuel, l’exhortant à faire œuvre d’apaisement, de ressaisissement et de responsabilité. Car « Chacun devra répondre de ses actes, tôt ou tard, devant l’histoire de notre pays », a-t-il averti. À l’heure où le Gabon prétend amorcer un retour à l’ordre constitutionnel, ce nouvel épisode jette une ombre sur la crédibilité du processus démocratique actuellement dans le pays et interroge sur la sincérité de l’engagement en faveur de l’État de droit. 

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