L’impasse Tullow Oil: Pour la souveraineté énergétique, on repassera ? 

Le rachat suspendu de Tullow Oil révèle une stratégie d’État-Actionnaire dont les limites deviennent criantes alors que cet acte était annoncé comme un des leviers de la souveraineté énergétique ©DR

Libreville, le 25 Juillet 2025 – (Dépêches 241). Quelle épopée ! Le Gabon avait mis les petits plats dans les grands : tambours battants, drapeaux levés, on allait enfin reconquérir nos chères gouttes d’or noir. L’État, via la Gabon Oil Company (GOC), devait racheter les actifs de Tullow Oil et écrire une nouvelle page glorieuse de la souveraineté énergétique nationale. Sauf que, visiblement, la plume manquait d’encre… et surtout de cash.

Promis-juré, c’était « historique ». Opération à 180 milliards de FCFA, tout le monde y a cru : ministres, banquiers, même les trois stagiaires de la GOC qui rêvaient enfin de toucher des primes. Mais la réalité est tombée comme un mail d’audit un vendredi soir : l’opération est suspendue, Gunvor – le sauveur suisse censé tout financer – traîne la patte. Résultat ? Deal en rade, ambitions nationales littéralement mises en stand-by par manque de liquidités. À défaut de forage, le Gabon creuse surtout… sa dépendance financière.

Le pire ? Ce n’est pas un accident de parcours isolé. Voilà des années que la vitrine « Champion national du pétrole »  tourne à la démonstration de fragilité structurelle. La GOC, bras armé du pays, se révèle bras cassé dès qu’il faut sortir le chéquier en solo. Trop compliqué ? Pas assez « agile » ? En tout cas, la fameuse « gabonisation » de l’or noir ressemble aujourd’hui à une promesse en kit, sans les outils ni la notice pour finir le montage.

Et vogue la galère : au lieu de relancer la filière, le raté refroidit la scène locale et les investisseurs, qui guettaient un signal – ils auront eu un « appel manqué ». Souveraineté énergétique ? Pour l’instant, surtout un slogan accrocheur pour PowerPoint gouvernemental.

Moralité ? Avant de se prendre pour les rois du pétrole, il va falloir penser à remplir le jerrican… et réviser un peu la gouvernance. Sinon, le Gabon continuera d’être le premier producteur de communiqués officiels sur des deals en suspendu.

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