Élections législatives et locales 2025: fin de partie pour Billie Bi Nze ? 

Le dernier 1er ministre d’Ali Bongo et ancien candidat à l’élection présidentielle Alain Claude Bilie-Bi-Nze © DR

Libreville, le 30 Juillet 2025 – (Dépêches 241). Par le biais d’un communiqué de presse daté du 29 avril, le Ministère de l’Intérieur porte à la connaissance du public que toute personne souhaitant présenter sa candidature à un mandat législatif ou local devra joindre à son dossier un quitus de la cour des comptes attestant de la régularité de ses précédents comptes de campagne. Cette exigence s’applique en particulier aux candidats malheureux de l’élection présidentielle d’avril dernier qui souhaitent aujourd’hui se porter candidats aux élections législatives ou locales. 

Le retour en politique de l’ancien Premier ministre s’annonce décidément semé d’embûches. Une situation quelque peu ironique quand on se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, il faisait partie de ceux qui rendaient la vie difficile à l’opposition. Après son échec à l’élection présidentielle, le voilà désormais, semble-t-il, écarté des scrutins législatifs et locaux.

Dans un communiqué de presse, le Ministère de l’Intérieur a précisé que seuls les anciens candidats à l’élection présidentielle ayant transmis leurs comptes de campagne à la Cour des comptes sont autorisés à déposer leur candidature pour ce nouveau scrutin. Conformément aux disposition de l’article l’article 77 de la loi 001/2025 du 19 janvier 2025 portant code électoral en République gabonaise, « l’ouverture de la période de dépôt de déclaration de candidature invite les candidats potentiels, membres de partis politiques ou indépendant à fournir un dossier de candidatures comportant entre autre un quitus de la juridictions financières compétentes sur les comptes de campagnes antérieur du candidat » a précisé le Ministère de l’Intérieur dans son communiqué de presse. 

Après la clôture officielle des élections présidentielles, la Cour des comptes a demandé à tous les candidats de soumettre leurs comptes de campagne. Le 16 juillet, elle a sommé Alain-Claude Billie Bi Nze de le faire dans un délai de huit jours, sous peine de statuer de manière définitive et en toute juridiction. Seulement, l’ancien premier ministre y a opposé une fin de non-recevoir.  

Selon Alain-Claude Billie Bi Nze, la Cour des comptes n’a pas la compétence pour contrôler les comptes de campagne. Il dénonce une extension illégitime de son champ d’action, ainsi qu’une violation évidente de la hiérarchie des normes juridiques. Il accuse également la Cour de vouloir se transformer en « autorité morale » ou en « arbitre politique », ce qui l’éloigne de sa mission constitutionnelle de contrôle des finances publiques, telle que définie par l’article 133 de la Constitution gabonaise. Le 22 juillet dernier, le candidat arrivé en deuxième position à l’élection présidentielle, a soulevé une exception d’inconstitutionnalité en réponse à la demande de la Cour des comptes.

À ce jour donc, sans ce document portant approbation des comptes de campagne délivré par la cour des comptes, Billie bi Nze  est exclu des élections à venir. Sauf si ce dernier se résout à présenter à la Cour des comptes ses comptes de campagne et que cette dernière les approuve avant le 7 août, date de clôture des candidatures pour les élections législatives et locales.  

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