
Libreville, le 15 août 2025 – (Dépêches 241). Les récents événements survenus à la Lambaréné, capitale provinciale du Moyen-Ogooué, sont symptomatiques de l’indignité qui caractérise la grande majorité de notre élite dirigeante. Et s’ il existe bien des exceptions, à l’image du courageux ministre du Pétrole, au sens du devoir bien affirmé, Sosthène Nguema Nguema, reste à constater que l’essentiel a gardé sa mentalité d’antan.
Si à Lambaréné, comme un peu partout ailleurs dans les autres localités de notre pays, pareilles situations sont encore légions, c’est-à-dire, la préférence voire la promotion des étrangers au détriment des nationaux dès lors qu’il s’agit d’activités génératrices de moyens, c’est précisément parce que beaucoup, parmi ceux qui nous dirigent, restent bloqués dans leur mentalités de parvenus. Ils considèrent au regard de leurs actes que le tour leur revient de s’en mettre plein les poches. Résultat, ils se laissent aller à la corruption, lorsqu’ils ne la suscitent pas eux-mêmes de la part des expatriés qui n’hésitent jamais, tout comme certains Gabonais à jouer le jeu.
Ce manque de dignité n’est malheureusement pas seulement dommageable pour eux. Il nous plombe tous d’une certaine façon, car, il exprime en apparence au moins trois vérités. La première donne à penser que les frères d’armes du Président de République, puisque la quasi-totalité des maires actuels sont issus des corps, ne sont pas capables de faire appliquer sa vision politique dans la réalité.
La deuxième, au-delà leur incompétence politique, donne à voir que beaucoup malgré leur formation particulière ne sont attachés à aucune valeur d’essence patriotique pouvant les inciter à faire respecter la dignité nationale. La troisième pour sa part dévoile un impensé, elle donne à croire que les hommes d’armes et de corps comptent parmi les plus accessoires à corruption dans ce pays. Car, on ne comprendrait pas pour quelles raisons tant de maires dans les petites villes ont du mal à faire respecter les résolutions les plus simples : vente de café ambulant, vente de nourriture à la sauvette etc. tels à Ndjolé et à Mitzic.
Qu’on ne nous laisse pas penser que ces hommes et femmes à la direction de nos affaires publiques, militaires ou pas, du simple fait de leur proximité avec le Président de la République, bénéficient d’un totem d’immunité. Cela commence honnêtement à vraiment insupporter les Gabonais de constater que leurs propres dirigeants sont ceux qui favorisent le mépris que beaucoup d’étrangers ont à leur égard. C’est à croire que beaucoup veulent inciter à la xénophobie juste parce qu’ils n’ont d’yeux que pour leurs propres intérêts…







