Affaire Lilian Ndong Allogho : la Cour condamne Léona Cyrielle et ses complices à la perpétuité

Léona Cyrielle, la complice des meurtriers de Lilain Allogho a glacé l’assistance en tentant de refuter les faits © DR

Libreville, le 16 août 2025-(Dépêches 241). Après six années de procédure, d’instruction et de détention préventive, la Cour criminelle ordinaire de Libreville a rendu ce 15 août 2025 un verdict très attendu dans l’affaire Lilian Ndong Allogho. Léona Cyrielle Moussavou Bissielou, âgée de 25 ans aujourd’hui, et ses deux frères ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat d’une violence inouïe du jeune fonctionnaire et entrepreneur gabonais de 31 ans, qui était par ailleurs le compagnon de l’accusée principale.

Le mobile du crime plonge l’opinion dans la stupéfaction. Lilian Ndong Allogho avait découvert que le braquage dont il avait été victime un an plus tôt avait été commandité par sa propre compagne. Craignant d’être démasquée et refusant d’assumer ses responsabilités, Léona Cyrielle avait alors imaginé un scénario funeste pour réduire au silence celui qui partageait sa vie. Elle introduisit dans leur domicile son frère aîné, Etiphen Bissielou Bissielou, et l’ami de ce dernier, Rolly Matoutou, tous trois armés de sept couteaux. La scène d’horreur s’était soldée par 54 coups de couteau portés à la victime. Une vingtaine au dos, 2 à la cuisse, certains derrière la nuque, d’autres en dessous de l’oreille. Pendant que Etiphen Bissielou Bissielou, et l’ami de ce dernier s’acharnent sauvagement sur Lilian, Leona Cyrielle se charge de changer les couteaux qui se cassent au regard de la violence des coups portés sur leur victime. 

Ce meurtre d’une cruauté inédite continue de hanter l’opinion publique gabonaise, tant il illustre l’effondrement de toute valeur humaine et morale. Beaucoup peinent encore à comprendre comment des jeunes censés incarner l’avenir ont pu se résoudre à commettre une telle barbarie. L’issue de ce drame est doublement tragique : d’un côté, la perte irréversible d’un jeune citoyen prometteur ; de l’autre, trois vies désormais condamnées à la prison à vie, là où une simple rupture aurait suffi à mettre fin à une relation devenue toxique.

Au cours du procès, le cynisme de Léona Cyrielle a accentué l’indignation. Après avoir reconnu sa culpabilité devant les juges d’instruction, elle a tenté de se réfugier dans une séditieuse stratégie de dénégation, se rétractant et tentant d’accuser les enquêteurs d’avoir falsifié ses procès-verbaux. Pire encore, loin d’exprimer le moindre regret, elle a osé jeter l’opprobre sur la mémoire du défunt en l’accusant de tremper dans des affaires illégales, comme pour justifier son geste. Un comportement glaçant, qui démontre une absence totale de remords et de conscience morale.

Face à cette désinvolture et à la gravité des faits, le ministère public et la partie civile ont demandé la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité. La Cour a suivi ce réquisitoire, estimant que ces individus représentaient un danger pour la société. Si cette décision ne rendra pas la vie à Lilian Ndong Allogho, elle marque néanmoins une victoire judiciaire pour ses proches et offre une forme de réparation morale à une famille meurtrie.

Ainsi s’achève un procès hors du commun, qui restera gravé comme l’un des plus choquants de ces dernières années. La justice a tranché, rappelant que la société ne saurait tolérer l’impunité pour de tels crimes. Mais au-delà du verdict, cette affaire laisse une profonde interrogation sur la dérive de certains jeunes Gabonais et sur la perte progressive de repères qui devrait alerter l’ensemble de la communauté nationale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*