
Libreville, le 18 août 2025 – (Dépêches 241). Dans le grand cirque politique gabonais, certains artistes savent capter l’attention en jouant à merveille des équilibres instables. Me Anges Nzigou, ce talentueux acrobate de la réorientation stratégique, s’est taillé une réputation chez les maîtres de la volte-face. Ancien bâtisseur en chef à l’égo bien charpenté, il a troqué ses plans de construction pour un numéro de voltige politique, devenu aujourd’hui un spectacle aussi confondant qu’amusant.
Fondateur du Parti Pour le Changement (PLC), grand étendard d’un vent révolutionnaire promettant de tout bousculer, de tout changer, Me Nzigou a su prouver que la construction est parfois plus facile que la destruction. Le PLC, fulgurant comme une étoile filante, s’est vite éteint au gré de la transhumance de ses leaders , laissant derrière lui la douce odeur d’une coquille vide. Le message était clair : mieux vaut un bon fauteuil bien vissé qu’une chimère à portée de main.
Désormais, ses costumes sont moins ceux d’un insurgé et plus ceux d’un opérateur chevronné des alliances d’intérêt. Quitter le PLC aussi vite qu’on change de chemise n’est pas qu’un simple caprice, mais l’art consommé d’un homme qui connaît la météo politique sur le bout des doigts. À Libreville, il ne s’agit plus de rêver de bâtir une nation, mais d’ériger un empire sur un fauteuil municipal.
Après ce premier acte, Me Nzigou a présenté sa nouvelle pièce politique, estampillée résolument pro Oligui, démontrant que le pragmatisme est souvent plus rentable que l’idéalisme. Cette nouvelle formation, plus solide qu’une simple illusion, apparaît comme un drapeau blanc levé vers la puissance établie, un pivot savamment calculé dans sa course au pouvoir.
Libreville, capitale ô combien stratégique, devient sa nouvelle obsession. Pourquoi courir après des idéaux quand le prestige et les privilèges de la mairie brillent au bout du tunnel ? Dans ce théâtre absurde, le fauteuil devient un saint Graal plus tangible que n’importe quelle revendication utopique. Me Nzigou ne vise plus la révolution, mais la révolution… de son statut social.
Cette mutation politique, qualifiée d’opportuniste par ses détracteurs, ressemble plutôt à un miracle de survie dans une jungle où seuls les plus adaptables prospèrent. Car au Gabon, pivoter sur ses engagements semble une spécialité locale, et Me Nzigou en est l’archétype parfait. Ses multiples casquettes prouvent que celui qui sait tourner sa veste plusieurs fois peut toujours espérer toucher au jackpot.
Voyez-le donc, prêt à changer de figure, à jouer tous les rôles dans cette comédie où les alliances se nouent et se dénouent à la vitesse d’un éclair. Il sait que la politique gabonaise n’est pas une affaire d’idéaux, mais bien un ballet permanent où l’instinct de survie prime sur la fidélité. Le public est conquis, même s’il se demande parfois jusqu’où ira le spectacle.
Au fond, le rêve de Me Nzigou est simple, presque enfantin : bâtir sa légende au sommet du pouvoir municipal, un pied dans l’honneur, l’autre dans la realpolitik. Qu’importent les critiques ou les accusations de girouette, il préfère être assis sur un trône local que crucifié sur l’autel des principes.
Bref, dans cette arène où les rôles s’inversent et les masques tombent, Me Nzigou est le roi incontesté du grand numéro d’équilibriste. Au Gabon, mieux vaut être bâtisseur de fauteuils dorés que de chimères évanescentes, et lui, grand maître dans l’art du retournement, n’a pas fini de surprendre. Le show continue, et le peuple, simple spectateur, retient son souffle devant cette prouesse digne des plus grands cirques de la politique.







