
Libreville, le 3 septembre 2025 – (Dépêches 241). Après l’affaire d’un Camerounais interpellé pour trafic d’eau à partir du réseau de la SEEG au PK 8, il y a quelques mois, c’est désormais un réseau de fraude sur l’électricité qui vient d’être mis à découvert à Ntoum. L’opération a permis à la Direction Générale des Fraudes de démanteler un système clandestin piloté par un ressortissant togolais, qui revendait la précieuse énergie illégalement à plusieurs foyers Gabonais aux alentours de son habitation.
Identifié comme Kokou Anassi, l’individu a été pris en flagrant délit de fraude d’électricité. Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’était connecté illégalement au réseau de la SEEG avant de redistribuer l’énergie à une clientèle composée de Gabonais et d’autres communautés établies dans la localité.
Le mode opératoire était bien rodé: les abonnés, en incapacité de se procurer un compteur électrique personnel, devaient verser chaque mois à Kokou Anassi un montant variant entre 5 000 et 15 000 francs CFA, en fonction de leur niveau de consommation. Cette organisation parallèle permettait à l’auteur d’empocher des revenus substantiels, au détriment de la société concessionnaire et de l’État.
Au-delà des pertes financières, l’affaire met en lumière un double enjeu. Sur le plan sécuritaire, les branchements clandestins constituent une menace pour la stabilité du réseau électrique et la sécurité des populations, car ils provoquent des surcharges et exposent les riverains à des accidents domestiques, tout en accentuant le déficit énergétique que connaît la SEEG depuis des années. Sur le plan social, cette fraude traduit aussi le désarroi de nombreuses familles, vivant dans le grand Libreville, confrontées à des factures d’électricité jugées trop élevées, cumulées à l’incapacité de la société d’énergie à fournir dans les délais raisonnables les conteurs d’électricité à ses requérants.
Actuellement placé en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Ntoum, le mis en cause devrait être présenté dans les prochains jours au parquet. Les autorités judiciaires entendent faire de ce dossier un exemple afin de décourager ce type de pratiques, qui fragilisent le réseau électrique et constituent une perte financière considérable.
Dans le même temps, plusieurs observateurs estiment qu’il serait opportun que les services juridiques et de communication de la SEEG s’impliquent pleinement dans cette affaire, afin d’informer l’opinion publique et de rappeler les risques encourus par les fraudeurs. Le dossier met en lumière l’ampleur du défi que représente la lutte contre les branchements clandestins au Gabon mais également le travail remarquable abattu par les militaires de la Direction Générale des Infrastructures et des Fraudes de la SEEG.







