
Libreville, 19 octobre 2025 – (Dépêches 241). La rédaction de Gabon Media Time a fait parvenir un communiqué faisant état de la situation préoccupante de son directeur de publication, le journaliste Harold Leckat, en garde à vue prolongée à la Direction générale des recherches (DGR), au Camp Roux, depuis son interpellation le mercredi 15 octobre.
Selon le communiqué de Gabon Média Time parvenu à la rédaction de Dépeches 241, Harold Leckat a été arrêté à sa descente d’avion à l’aéroport international Léon Mba, alors qu’il rentrait d’une formation à Montpellier financée par l’Union européenne. Il serait poursuivi pour une supposée « perception d’argent sans exécution des tâches commandées », dans le cadre d’un contrat conclu en 2020 avec la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), contrat pourtant maintenu pendant plusieurs mois par les nouvelles autorités de la structure après leur prise de fonction.
Au-delà des éléments de fond du dossier, dont les justifications financières auraient pourtant été transmises aux autorités compétentes, c’est surtout le traitement infligé au journaliste qui soulève de vives inquiétudes. Présenté au parquet ce vendredi 17 octobre, Harold Leckat a dénoncé les conditions de sa détention devant le procureur de la République, Bruno Obiang Mve. Il a notamment affirmé avoir passé plusieurs nuits menotté à une chaise, sans possibilité de dormir convenablement, évoquant un malaise survenu le jeudi 16 octobre qui l’aurait contraint à l’isolement. « Je suis contraint de dormir sur une chaise, menotté toute la nuit », aurait-il déclaré devant le magistrat.
Entre justice et répression, la garde à vue d’Harold Leckat vire à la torture à la DGR
Aucune réaction officielle n’a été enregistrée à ce stade de la part du parquet sur ces allégations. Le procureur de la République a cependant décidé de prolonger la garde à vue du journaliste de 72 heures supplémentaires, reportant ainsi toute décision judiciaire au lundi 20 octobre. Des voix s’élèvent déjà, y compris dans les milieux juridiques, pour dénoncer une mesure de détention jugée disproportionnée.
Les conditions de détention dénoncées par le journaliste sont assimilées par certains observateurs à de la maltraitance, et pourraient porter atteinte à l’image du Gabon sur la scène internationale, notamment auprès de l’Union européenne, partie prenante dans la formation suivie par Harold Leckat à Montpellier.
Dans un pays qui prétend réinventer la démocratie après des décennies de confiscation du pouvoir, l’image d’un journaliste menotté à une chaise pour dormir en dit long sur la nature du régime en place. Harold Leckat, directeur de publication du média en ligne Gabon Media Time (GMT), est détenu depuis le 15 octobre à la Direction générale des recherches (DGR), n’est ni un criminel ni un vulgaire brigand.
Interpellé à sa descente d’avion après une formation en France financée par l’Union européenne, il serait accusé d’ « escroquerie » par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), une affaire dont les contours juridiques apparaissent aussi flous que les motivations politiques semblent évidentes.







