
Libreville le 3 novembre 2025-(Dépêches 241). Si sous le régime déclinant d’Ali Bongo Ondimba, il n’était pas exigé des membres du Gouvernement de démissionner après leur élection à l’Assemblée nationale, le régime post-transition semble vouloir rompre avec cette pratique. En effet, selon la déclaration du ministre de la Réforme des Institutions, François Ndong Obiang, le Président de la République, chef de l’État et du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, aurait demandé à tous les ministres élus députés de se retirer de l’exécutif avant l’installation du nouveau Parlement.
L’annonce a été rendue publique ce lundi par le ministre de la Réforme des institutions, François Ndong Obiang, au cours d’une déclaration devant la presse. Celui-ci a précisé que cette mesure s’appuie sur l’article 113 de la nouvelle Constitution, qui établit clairement l’incompatibilité entre les fonctions de parlementaire et celles de membre du Gouvernement. Chacun doit rester dans son registre et assumer pleinement son rôle. Cette disposition vise à renforcer la séparation des pouvoirs sous la Ve République.
Cette exigence intervient à quelques jours de la rentrée parlementaire de la première législature de la Ve République, prévue pour le 17 novembre prochain. D’ici là, les ministres concernés disposent de quatorze jours pour présenter leur démission. Une situation délicate pour certains d’entre eux, qui redoutent de ne pas être reconduits au sein du futur Gouvernement une fois leur mandat de député effectif.
Au-delà de la simple application d’une règle constitutionnelle, cette décision traduit la volonté du Président Oligui Nguema de marquer une rupture avec les pratiques de la IVe République, où le cumul des fonctions était souvent perçu comme un instrument de contrôle politique plutôt que comme une exception.
En exigeant la démission des ministres élus députés, Oligui Nguema envoie un signal politique fort : celui d’un retour à une gouvernance plus conforme aux principes républicains. Reste à savoir si cette exigence relèvera d’un véritable souci d’éthique institutionnelle ou d’une reconfiguration politique destinée à redistribuer les équilibres du pouvoir avant la mise en place du nouveau Parlement.







