
Libreville, le 11 novembre 2025 – (Dépêches 241). Les audiences du procès de l’ancienne Première dame Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Bongo Valentin continuent de lever le voile sur un train de vie fastueux difficile à justifier. La déposition, ce mardi 11 novembre, d’un proche collaborateur, Kim Oun, a mis en lumière des dépenses extravagantes estimées à près de deux milliards de francs CFA par an, engagées pour l’achat de bijoux, de vêtements et d’œuvres d’art.
C’est dans une atmosphère tendue que Kim Oun, présenté comme le « prête-nom » de l’ancienne Première dame, a pris la parole à la barre. L’homme, visiblement conscient du poids de ses déclarations, a détaillé le fonctionnement d’un réseau de sociétés écrans prétendument créées au bénéfice de Sylvia Bongo et de son fils, Noureddin Bongo Valentin. Selon ses dires, ces structures servaient à canaliser des fonds destinés à des acquisitions de prestige, loin des circuits financiers officiels. Une pratique que la Cour entend désormais examiner avec la plus grande rigueur.
Les chiffres avancés ont stupéfié la salle : près de deux milliards de francs CFA dilapidés chaque année pour des articles de luxe. Des montants jugés indécents par l’opinion publique dans un contexte où le pays fait face à des défis économiques majeurs. Les enquêteurs cherchent à établir l’origine exacte de ces fonds et à déterminer si les ressources de l’État ont pu, directement ou indirectement, être détournées à des fins personnelles.
Au-delà du simple éclat médiatique, cette affaire prend une tournure emblématique pour le Gabon post-transition. Elle met en lumière les pratiques d’un ancien système où l’opulence semblait se confondre avec le pouvoir, au mépris des principes de transparence et de responsabilité publique. Pour les autorités actuelles, soucieuses de restaurer la confiance entre l’État et les citoyens, l’issue de ce procès pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la corruption et l’impunité.







