
Libreville, le 15 novembre 2025 – (Dépêches 241). Au troisième jour du procès Bongo-Valentin, l’ancien proche collaborateur de Noureddin Bongo Valentin, Jordan Camuset, a livré un témoignage explosif. À la barre, il a affirmé que des sommes allant jusqu’à 65 millions de FCFA étaient systématiquement versées par Yann Koubdje au fils d’Ali Bongo pour financer chacun de ses voyages à l’étranger.
Selon Camuset, ces fonds provenaient directement du Trésor public, via des décaissements opérés par Franck Yann Koubdje, alors directeur général de la comptabilité publique et du Trésor. Il affirme avoir été chargé, à plusieurs reprises, d’aller récupérer des devises destinées aux déplacements internationaux de Noureddin, lequel aurait utilisé les ressources de l’État pour financer son train de vie et ses déplacements.
Le témoin a également décrit un système dans lequel Noureddin Bongo disposait d’une influence étendue et agissait comme un véritable centre de pouvoir, mobilisant des responsables de l’État hors des cadres institutionnels. Ces révélations, qui viennent renforcer les accusations de détournement massif de fonds publics, constituent l’un des moments les plus marquants de ce procès très attendu.
Pour la Cour criminelle spéciale, ces éléments pourraient contribuer à éclairer la mécanique financière ayant permis, selon l’accusation, de soutenir un vaste réseau de dépenses privées à partir de fonds publics. La question du rôle exact de Franck Yann Koubdje, au cœur des opérations de décaissement, demeure l’un des enjeux clés des prochaines audiences.







