Procès Valentin: selon un collaborateur, à chaque dépense de Sylvia Bongo, Yann Koubdje faisait acheminer des fonds via un intermédiaire libanais

KIM Oun, ancien très proche collaborateur de Sylvia Bongo Valentin a fait des révélations sur la vie dispendieuse de l’épouse d’Ali Bongo

Libreville, le 16 Novembre 2025 – (Dépêches 241).  La poursuite du procès des Valentin a été marquée par un témoignage particulièrement attendu, celui de Kim Oun, présenté comme un proche collaborateur coréen de Sylvia Bongo Valentin, épouse de l’ancien chef d’État Ali Bongo Ondimba. À la barre, il a décrit un système financier parallèle qu’il dit avoir observé durant les années où il travaillait auprès de l’ancienne Première Dame. Un système de dépenses approchant les 300 millions de francs CFA par mois en dépenses personnelles pour l’ancienne Première Dame. 

Le passage à la barre du responsable de la sécurité de Sylvia Bongo Ondimba, le Coréen Kim Oun a une nouvelle fois mis à nu la folie dépensière et la gabegie financière orchestrée par le clan Bongo- Valentin. Selon le témoin, les dépenses privées et protocolaires attribuées à Sylvia Bongo Valentin auraient atteint, certains mois, près de 300 millions de francs CFA.

Le coaccusé du fils de l’ancien président Ali Bongo Ondimba  a affirmé que ces montants servaient à couvrir des achats divers, des déplacements ou encore des prestations sollicitées à l’étranger.

Des fonds prélevés au Trésor public, d’après le témoin

Toujours selon les déclarations de Kim Oun, ces sommes auraient été décaissées directement au Trésor public gabonais, sous la responsabilité de Yann Koubdje, alors Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité. Il n’a toutefois présenté aucune pièce comptable en audience, et ces affirmations n’ont pas encore été corroborées par d’autres témoins.

Kim Oun a également décrit un procédé récurrent pour les transactions effectuées à Dubaï ou à Londres. D’après son récit, Yann Koubdje aurait mis à disposition des fonds auprès d’un « sujet libanais », lequel se chargeait ensuite de convoyer les liquidités vers des contacts situés dans les deux villes citées.

Au-delà du témoignage, plusieurs observateurs dans l’opinion ont dénoncé avec force les pratiques financières opaques décrites en audience. Ces pratiques soulèvent de lourdes questions sur les mécanismes de contrôle, de transparence et de responsabilité au sommet de l’État à l’époque des faits allégués. 

Un témoin très cité… mais toujours pas appelé à comparaître

L’évocation répétée du rôle de Yann Koubdje, présenté comme le haut fonctionnaire ayant autorité sur les décaissements publics, interpelle de nombreux acteurs de la société civile. Nombre de Gabonais estiment que, si les faits rapportés étaient avérés, de tels mouvements de fonds auraient difficilement pu se produire sans l’implication ou, a minima, sans l’aval administratif du poste qu’il occupait.

Un autre point souligné dans l’opinion concerne l’absence de citation à comparaître de Yann Koubdje, alors même que son nom revient abondamment dans les dépositions.

Cette omission interroge et nourrit, chez certains observateurs, l’idée que le procès Valentin pourrait prendre les allures d’un procès-spectacle, où les enjeux politiques et symboliques pèseraient davantage que la recherche exhaustive de responsabilités.

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