
Libreville, le 17 novembre 2025-(Dépêches 241). Alors que le procès contre Sylvia et Noureddin Bongo Valentin se poursuit, et quelques les révélations se multiplient, le Procureur Général près la Cour d’Appel Judiciaire de Libreville, le Docteur Eddy Minang a fait une annonce choc ce lundi 17 novembre 2025: Franck Yann Koubdje ainsi que toutes les autres personnes citées à la barre seront convoqués par la justice sous peu pour être entendus à leur tour.
Dans la matinée sombre du lundi 17 novembre 2025, une éclaircie est venue du Palais de justice de Libreville, où se tient depuis le 10 novembre dernier, le procès de l’ancienne Première Dame, de son fils ainsi que plusieurs de leurs présumés complices accusés des faits suffisamment graves. Alors que les accusés se succèdent à la barre, une constante se dégage clairement durant ce procès: plusieurs personnalités importantes de la haute administration des finances et du Trésor Public sont abondamment cités comme auteurs ou responsables des plusieurs malversations financières.
Un nom est notamment revenu avec insistance, c’est celui de Franck Yann Koubdje, Directeur Général de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT) au moment des faits reprochés aux mis en cause aujourd’hui. D’après les accusés, l’ancien responsable du Trésor Public Gabonais serait l’homme derrière tous les décaissements querellés aujourd’hui.
C’est donc principalement en cette occurrence que le Procureur Général près la Cour d’Appel de Libreville, Eddy Minang, a annoncé ce jour la convocation future de Yann Koubdje, ainsi que celle de toutes les autres personnes nommément citées dans le cadre de ce procès à l’instar du dernier Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba ou encore l’actuel ministre de l’Economie Henri Claude Oyima toujours patron de la BGFI Bank en dépit du conflit d’intérêt manifeste.
À mesure que les témoignages s’enchaînent, une évidence s’impose : les réseaux et mécanismes ayant permis les dérives présumées ne sauraient être réduits à quelques individus aujourd’hui sur le banc des accusés. L’annonce de la convocation prochaine des hauts responsables cités met en lumière l’ampleur réelle du système qui semble avoir prospéré au sein de l’appareil d’État. Cette étape, attendue de longue date par une opinion lassée des demi-mesures, pourrait enfin contraindre ceux qui, des années durant, ont évolué dans les zones d’ombre du pouvoir financier à répondre clairement de leur rôle, quel qu’il soit.
Plus largement, cet élargissement des auditions apparaît comme un moment de vérité pour l’ensemble de l’administration publique. Car si la justice veut éviter de se limiter à quelques « fusibles » faciles, elle devra aller au cœur des structures où, selon les révélations entendues, se seraient déroulées les opérations les plus sensibles.
Ce procès n’aura de sens que s’il permet de dévoiler non seulement les acteurs, mais aussi les pratiques qui ont rendu possibles les détournements présumés. À défaut, la promesse de rupture portée depuis le début de la transition risquerait de n’apparaître que comme un slogan dénué de portée réelle. Gageons que les mots du Procureur Général soient sincères, et que toute la lumière soit définitivement faite sur ces détournements de fonds et leurs principaux bénéficiaires.







