
Libreville, le 4 décembre 2025-(Dépêches 241) L’affaire des présumés détournements de fonds au ministère du Tourisme prend une tournure plus lourde au fil des jours. Partie d’une série de soupçons autour de marchés publics opaques, l’enquête ouverte par les autorités gabonaises fait désormais émerger de nouveaux noms. Parmi eux, celui d’Eugène Bourdette, cadre à la SEEG, occuperait une place de plus en plus centrale dans les investigations. Les enquêteurs cherchent à déterminer le rôle exact qu’il aurait joué dans l’attribution de marchés surfacturés liés aux projets financés pour le secteur touristique.
Selon des informations concordantes relayées par nos confrères de Média Afrique News , Eugène Bourdette aurait bénéficié de contrats attribués à des montants jugés disproportionnés, révélant un système de surfacturation systématique. Cette piste rejoint celle visant le ministre de tutelle, Pascal Ogowè Siffon, actuellement placé en résidence surveillée. L’enquête semble avoir dépassé le simple contrôle administratif pour devenir un vaste démontage des circuits parallèles de détournement présumés au sein du ministère du tourisme. Les enquêteurs entendent établir la chaîne complète des responsabilités, des décideurs politiques jusqu’aux bénéficiaires des marchés.
L’étau se resserre à mesure que les témoignages s’accumulent. Des sources proches du dossier évoquent des auditions à venir, notamment celle d’Eugène Bourdette, susceptible d’être convoqué dans les prochains jours. L’évolution rapide de l’affaire laisse penser que plusieurs autres personnalités pourraient, à leur tour, être entendues. Ce Tourisme Gate, mettant en lumière les pratiques financières controversées au sein du ministère, risque de provoquer une série de chutes en cascade dans les jours qui viennent.
Le contexte institutionnel donne à cette enquête une portée particulière. Après les critiques ayant visé la justice gabonaise lors du procès de Sylvia Bongo et de son fils Noureddin Valentin, procès largement perçu comme un théâtre politique plutôt qu’une quête de vérité, les autorités semblent vouloir saisir cette affaire pour restaurer la crédibilité du système judiciaire. L’objectif affiché est de démontrer que, cette fois, l’appareil judiciaire peut agir sans interférence et sanctionner réellement les auteurs de détournements de deniers publics.
Cependant, les observateurs restent prudents. Au Gabon, les affaires politico-financières ont trop souvent été rattrapées par des règlements internes au pouvoir ou par des considérations partisanes. Si la détermination affichée paraît plus ferme qu’à l’accoutumée, rien ne garantit que l’enquête ira jusqu’au bout sans être freinée par des influences extérieures. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer la sincérité des autorités dans leur promesse d’un assainissement profond dans la gestion des affaires publiques.
Alors que l’enquête se poursuit et que les premiers noms émergent, le dossier du ministère du Tourisme pourrait bien devenir un test décisif pour la justice gabonaise. Si les investigations aboutissent à des poursuites solides et transparentes, ce Tourisme Gate pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la corruption, les détournements de fonds et l’enrichissement illicite.
À l’inverse, un nouvel étouffement raviverait les soupçons d’impunité et confirmerait que, dans ce pays, la politique continue d’imposer sa loi à la justice. Les prochaines étapes diront laquelle de ces trajectoires prévaudra.







