Recevabilité de la plainte de HPO à la CADHP: fait inédit, le Gabon sera jugé pour atteinte aux droits humains 

Le Gabon contraint de s’expliquer devant la justice africaine pour violations des droits fondamentaux

Libreville, le 11 Décembre 2025 – (Dépêches 241). C’est un séisme politico-juridique sans précédent. Pour la première fois depuis l’indépendance, la République gabonaise se retrouve officiellement mise en cause devant la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP). La plainte introduite par le Cabinet Bensimhon & Associés dans l’affaire Hervé Patrick Opiangah contre l’État gabonais vient d’être déclarée recevable, ouvrant la voie à une procédure inédite susceptible de profondément ébranler la crédibilité institutionnelle du pays.

Un dossier d’une gravité exceptionnelle a été déposé devant la Commission, composé, selon le Cabinet Bensimhon & Associés, de « plus de soixante-dix pièces », parmi lesquelles « plus d’une vingtaine de constats d’huissier » établissant des « manquements graves » et des « agissements arbitraires imputés à l’État gabonais ». Pour les avocats, ces éléments démontrent non seulement des atteintes caractérisées à la dignité et aux droits fondamentaux de leur client, mais aussi des répercussions professionnelles, personnelles et financières d’une ampleur inédite. Ce corpus, rigoureusement établi, place désormais les autorités gabonaises face à une responsabilité internationale lourde.

La décision de recevabilité constitue un désaveu institutionnel implicite mais indiscutable. Pour un pouvoir qui se présente comme l’architecte d’une « restauration » de l’État de droit, le symbole est lourd. Jamais, en plus de soixante ans de vie républicaine, le Gabon n’avait été appelé à s’expliquer devant une instance continentale en matière de droits humains. Le verdict de la Commission est clair. Les accusations formulées méritent examen, débat contradictoire et analyse au fond. L’idée qu’il s’agirait d’un simple malentendu ou d’une polémique interne ne peut désormais plus être soutenue.

Les répercussions politiques et diplomatiques sont immédiates. À l’intérieur du pays, cette mise en cause ébranle le discours officiel, interrogeant la cohérence entre les engagements annoncés et les pratiques constatées. À l’international, la recevabilité de la plainte résonne comme un signal d’alerte dans les milieux diplomatiques, financiers et institutionnels : il devient difficile pour l’État gabonais de réclamer plus de crédibilité, plus de confiance ou plus de coopération, tout en apparaissant sur la liste des pays accusés de violations graves des droits fondamentaux.

Le Cabinet Bensimhon & Associés, saluant l’impartialité de la Commission africaine des Droits de l’Homme, rappelle que la défense des droits humains demeure un impératif constant. Au-delà du cas d’Hervé Patrick Opiangah, c’est la question essentielle du rapport entre l’État et ses citoyens qui est posée : un Gabonais peut-il encore, en 2025, être inquiété, entravé ou ciblé pour ses opinions ou ses engagements socio-économiques ? 

La CADHP vient de considérer que cette interrogation mérite d’être entendue au plus haut niveau. Cette simple recevabilité, déjà historique, constitue un avertissement solennel adressé au pouvoir. Aucun État, fût-il en transition, n’est au-dessus de la loi.

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