
Libreville, le 20 décembre 2025 – (Dépêches 241). L’information a été révélée par nos confrères de Tv+ Afrique. Mboungou Mikolo Dick Fabrice a été nommé Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville. Cette désignation, hautement stratégique, intervient dans un contexte judiciaire marqué par de fortes attentes et une défiance croissante de l’opinion publique.
Magistrat de carrière, Mboungou Mikolo Dick Fabrice a été nommé par le Président de la République, Chef de l’État et Chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema. Il prend ainsi la tête du parquet de Libreville, l’une des juridictions les plus exposées et les plus sensibles du pays, tant par la nature des affaires traitées que par leur portée politique et sociale.
Il succède à Bruno Obiang Mve, dont le passage à la tête du parquet aura été émaillé de controverses. Plusieurs dossiers emblématiques ont jalonné son mandat, notamment l’affaire dite des Bongo-Valentin, qualifiée par une partie de l’opinion de « parodie de procès », contribuant à alimenter les critiques sur l’impartialité et le fonctionnement de l’institution judiciaire.
Nommé le 14 août 2024, Bruno Obiang Mve a surtout cristallisé les reproches dans l’affaire impliquant Hervé Patrick Opiangah. Depuis novembre 2024, ce capitaine d’industrie fait l’objet de poursuites dénoncées par ses soutiens comme reposant sur des accusations infondées, entachées d’irrégularités et de vices de procédure. L’ancien procureur s’était notamment illustré par une déclaration publique affirmant qu’une plainte avait été déposée le 14 novembre, alors que celle-ci ne l’aurait été que le 25 novembre, soit postérieurement au déclenchement des poursuites et aux perquisitions déjà engagées.
Dans ce climat de suspicion et de profonde érosion de la confiance citoyenne, Mboungou Mikolo Dick Fabrice hérite d’une fonction éminemment délicate. À la tête d’un parquet scruté de toutes parts, il devra relever le défi de restaurer la crédibilité de l’action judiciaire, dans un pays où l’instrumentalisation de la justice est désormais perçue par une large frange de la population comme une réalité difficilement contestable. Les attentes sont immenses, à la hauteur des enjeux qui pèsent sur l’État de droit gabonais.







