
Libreville, le 24 décembre 2025 – (Dépêches 2041). L’ancien ministre du Tourisme, Pascal Michel Ogowe Siffon, a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville. En effet, l’ex ministre avait été interpellé par les agents de la Direction générale de la contre-ingérence (B2), entre la présidence de la République et son domicile, peu après sa démission du gouvernement. Présenté devant les autorités judiciaires, il aurait été placé sous mandat de dépôt avant d’être incarcéré le lundi 22 décembre 2025.
D’après des sources proches du dossier, les auditions menées tant au B2 qu’au tribunal de Libreville auraient été particulièrement accablantes. L’ex-ministre aurait mis en cause, de manière répétée, Mme Liliane Ngari, secrétaire générale du ministère du tourisme, qu’il présenterait comme complice et actrice centrale de plusieurs détournements de fonds publics au sein du ministère. Une confrontation entre les deux protagonistes aurait d’ailleurs eu lieu le 22 décembre, quelques heures avant l’incarcération de Pascal Michel Ogowe Siffon.
Le lendemain, mardi 23 décembre 2025, Liliane Ngari aurait été à nouveau convoquée au tribunal de Libreville, où elle serait restée pour une audition à jusqu’à 20 heures. Depuis lors, aucune communication officielle n’a permis d’éclairer l’opinion sur les suites judiciaires envisagées. Le silence entretenu par les autorités alimente interrogations et spéculations, alors que l’on attend de savoir si comme pour son présumé complice, un mandat de dépôt sera également décerné contre elle.
L’affaire prend une dimension politique majeure du fait du lien de parenté entre Liliane Ngari et le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, dont elle est la cousine. Ce contexte place le chef de l’État face à une alternative lourde de conséquences : laisser la justice suivre son cours sans interférence ou confirmer, par l’inaction, les soupçons persistants d’impunité entourant les cercles familiaux du pouvoir.
En interne, certaines sources laissent entendre que les autorités judiciaires seraient déterminées à faire de ce dossier un cas d’école. Dans cette perspective, Liliane Ngari apparaîtrait comme un dommage collatéral d’une opération visant à démontrer que nul n’est au-dessus de la loi. À défaut d’une telle démonstration, l’idée selon laquelle l’injustice et l’impunité constituent la règle pour les hauts commis de l’État, et plus encore pour les proches du président, risquerait de s’imposer durablement sous la Ve République.
L’affaire Ogowe Siffon dépasse désormais le simple cadre d’un dossier de détournement de fonds publics. Elle engage la crédibilité même du discours de rupture et de moralisation de la vie publique porté par les autorités actuelles. Le verdict à venir, notamment concernant Liliane Ngari, sera observé comme un test décisif de l’indépendance de la justice gabonaise et de la réalité de la lutte contre l’impunité.







