
Libreville, le 4 Janvier 2025 – (Dépêches 241). Après des déclarations publiques d’une extrême gravité mettant en cause plusieurs États africains dans une supposée entreprise de déstabilisation du Gabon, Junior Xavier Ndong Ndong a été interpellé par la Direction générale des recherches (DGR), où il est actuellement entendu. Au-delà du caractère spectaculaire de ses propos, une question s’impose désormais : les accusations formulées seront-elles étayées par des preuves devant les enquêteurs ?
Dans sa sortie polémique, le président du Conseil National des Rites et Traditions du Gabon a affirmé que des prêtres vaudous se seraient réunis à la présidence de la République du Bénin, aux côtés de « Nganga » et de prêtres mystiques venus du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo, avec pour objectif de déstabiliser le Gabon. Il a évoqué un projet de coup d’État assorti de l’intention de « tuer des Gabonais », allant jusqu’à soutenir qu’une riposte mystique menée par son propre camp aurait provoqué, en retour, la tentative de coup d’État avortée au Bénin.
Junior Xavier Ndong Ndong a également affirmé que ces pays auraient recruté, dans le Delta du Niger, des jihadistes chargés de s’en prendre aux populations gabonaises. Des accusations d’une extrême gravité qui, si elles étaient fondées, relèveraient de faits criminels internationaux majeurs, impliquant terrorisme, ingérences étatiques et menaces directes contre la sécurité nationale.
À l’inverse, si elles ne reposent sur aucun élément tangible, ces déclarations pourraient être lourdes de conséquences sur le plan judiciaire, diplomatique et social, dans un contexte régional déjà sensible. C’est entre autres sur ce point que les agents de la Direction Générale des Recherches (DGR), on le présume, cherchent désormais à éclaircir. Car l’orateur ne s’est pas contenté d’énoncer ses accusations. Il a lui-même invité la presse à les relayer, tout en affirmant détenir des preuves de ce qu’il avançait.
La question est donc désormais posée sans détour. Ces éléments seront-ils présentés aux enquêteurs ? De la réponse apportée à cette interrogation dépend moins la force du récit que sa crédibilité et, sans doute, la suite réservée à ce dossier.







