
Libreville, le 9 Février 2026 – (Dépêches 241). Face aux caméras et aux micros, les conseils de l’ancien Ministre et Sénateur Pascal Ogowe Siffon ont livré, ce vendredi 6 février 2026, une plaidoirie publique où le droit s’est mêlé à l’indignation. Ils dénoncent une procédure qu’ils jugent viciée dès l’origine, marquée par des entorses graves à la Constitution et aux règles fondamentales du procès équitable, et réclament, au nom de la légalité républicaine, la mise en liberté provisoire de leur client.
Interpellé le 25 décembre 2025, en pleine nuit de Noël, en même temps que plusieurs membres de son cabinet, Simon Pascal Ogowe Siffon se retrouve au centre d’une tempête judiciaire aux résonances politiques et institutionnelles profondes. Pour ses avocats, Mes Jean Paul Moubembe, Jules Obiang et Herbert Mbovia, cette arrestation collective, visant un sénateur de la République, constitue une rupture brutale avec les usages républicains et les garanties constitutionnelles. Ils y voient une mise à l’épreuve des libertés publiques, un moment où l’État de droit se mesure à sa capacité de résister aux emballements de la rigueur pénale.
Sur le terrain juridique, la défense a dégainé deux exceptions d’inconstitutionnalité, présentées devant la Chambre d’accusation. La première tient à l’immunité parlementaire : proclamé Sénateur par la Cour Constitutionnelle le 2 décembre 2025, Simon Pascal Ogowe Siffon n’aurait pu être arrêté sans l’autorisation préalable du Sénat, conformément à l’article 77 de la Constitution issue du référendum du 19 décembre 2024. La seconde concerne la compétence de la Cour des Comptes, seule habilitée, selon l’article 133 de la Loi fondamentale, à connaître des actes liés à la gestion des finances publiques. Autant d’arguments qui, selon les avocats, fragilisent sérieusement la légalité de la procédure engagée.
Dans l’attente de la décision de la Cour Constitutionnelle, la défense plaide pour une mise en liberté provisoire, rappelant que la détention préventive doit rester l’exception et non la règle. Au-delà du sort individuel de leur client, les avocats entendent poser un débat plus large. Celui de la fidélité de la justice aux principes cardinaux de la République. Entre la rigueur du droit et la poésie grave de la liberté entravée, ils appellent à une justice qui ne sacrifie ni la lettre ni l’esprit de la Constitution, afin que l’État de droit demeure autre chose qu’une promesse incantatoire.







