
Libreville, le 24 février 2026 – (Dépêches 241). La sortie médiatique de la porte-parole de la présidence gabonaise, Mélodie Sambat, sur TV5 Monde, continue de susciter de vives réactions. Interrogée sur la suspension des réseaux sociaux au Gabon, elle a affirmé que le gouvernement n’avait pas bloqué l’ensemble des plateformes, mais uniquement celles relevant du groupe Meta. Une déclaration qui a rapidement été tournée en dérision sur les réseaux sociaux, certains internautes y compris par le célèbre journaliste sportif Romain Molina. Ce dernier rappelant notamment à la porte-parole de la Présidence que TikTok et YouTube n’appartiennent pas au groupe Meta.
Dans la déferlante des critiques qui ont émergé après la sortie jugée ratée de Mélodie Sambat sur TV5 Monde figure le journaliste d’investigation Romain Molina, connu pour ses enquêtes dans le monde du sport. Par une publication teintée d’ironie, il a pointé du doigt l’inexactitude des propos tenus, posant une question simple : « depuis quand TikTok et YouTube font-ils partie du groupe Meta ? ». Derrière le sarcasme, beaucoup ont vu l’expression d’un malaise plus profond quant à la maîtrise et la délimitation de la parole présidentielle au sein du palais du bord de mer.
Depuis le 30 août 2023, date du renversement d’Ali Bongo Ondimba, la transition politique à Libreville est scrutée avec attention. Dans ce sens, pour certains observateurs, cette séquence communicationnelle illustre une gouvernance jugée hésitante, voire improvisée. La confusion de Mélodie Sambat autour des plateformes numériques alimente le procès en amateurisme et en incompétence intenté à l’encontre de l’équipe en charge de la communication présidentielle, accusée de manquer de rigueur et de maîtrise technique.
Au-delà de l’erreur factuelle, ce nouvel épisode révèle un problème plus structurel. Car, la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre certains réseaux sociaux soulève des interrogations sur ses motivations réelles. Officiellement justifiée par des impératifs d’ordre public, elle est perçue au sein de l’opinion comme une tentative de restreindre la liberté d’expression et de contrôler l’espace informationnel, dans un contexte politique sensible.

Ainsi, ce qui aurait pu n’être qu’une maladresse ponctuelle s’est transformé en symbole d’une communication présidentielle fragilisée. Une raillerie contre le gouvernement. D’autant que la confusion entre plateformes numériques, amplifiée par la viralité des réseaux sociaux, a renforcé l’idée d’un pouvoir en difficulté face aux enjeux contemporains de l’information et du numérique.
Dans ce contexte, la polémique née de cette déclaration dépasse la simple question d’appartenance des plateformes à un groupe technologique. Elle met en lumière les failles d’un système qui ne convainc plus et dont les décisions sont systématiquement perçues comme arbitraires et émotives, en déphasage total avec les attentes accrues des citoyens en matière de transparence, de compétence et de crédibilité dans la communication publique.
Dans un contexte de transition politique, chaque approximation devient un marqueur politique. Pour les autorités gabonaises, l’enjeu n’est plus seulement de décider, mais de convaincre, avec précision, cohérence et responsabilité.







