
Libreville, le 27 février 2026 – (Dépêches 241). Depuis l’annonce par la Haute Autorité de la Communication (HAC) le 17 février dernier, de la suspension des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national gabonais, l’opinion fait face à une attitude qui interroge: la Présidence de la République, par le biais de ses nombreux porte-paroles, a multiplié les prises de parole pour justifier la décision de la HAC, du reste, Institution autonome. Tout se passe comme si le Palais Rénovation serait devenu une succursale qui assure le service après vente de la maison mère, en l’occurrence ici, la Haute Autorité de la Communication (HAC).
Le Palais présidentiel serait-il devenu une annexe de la Haute Autorité de Communication (HAC) ? La question choque par sa formulation, certes, mais c’est bien en ces termes qu’il convient de la poser aujourd’hui. Car, depuis le mardi 17 février 2026, date de la décision par l’instance de régularisation de la communication audiovisuelle et numérique au Gabon de la suspension des réseaux sociaux, la parole présidentielle ne cesse de se faire entendre, pas pour condamner, mais pour justifier et appuyer cette décision.
D’abord sur les médias français bien connus tels que TV 5Monde, France 24, RFI, puis sur d’autres médias de renom comme 3A Telesud ou encore Brut Afrique, les porte-voix de la Présidence de la République Gabonaise s’emploient à justifier cette mesure de la HAC visant à suspendre plusieurs plateformes numériques très prisées telles que Facebook, WhatsApp ou Instagram. Les choses se passent comme si l’entité de régulation de la communication au Gabon serait dans l’incapacité d’expliquer les raisons de sa décision.
Pourtant, dans les textes comme dans les faits, la Haute Autorité de la Communication (HAC) demeure une institution jouissant d’une autonomie de fonctionnement, aussi bien sur le plan administratif que financier. C’est dire que ses décisions sont souveraines et n’émanent donc qu’exclusivement d’elle-même.
Une agitation qui pourrait cacher l’implication du Palais Rénovation dans cette décision ?
Une part importante de l’opinion publique gabonaise cède progressivement à l’idée que la décision de suspendre les réseaux sociaux au Gabon pourrait directement émaner de la Présidence de la République. En cause ? La mobilisation sur le plan médiatique de ses porte-paroles pour justifier cette mesure de la HAC que beaucoup jugent comme une « dérive liberticide ».
D’abord Théophane Nzame Nze Biyoghe, Conseiller Spécial du Président de la République, principal héraut du Palais présidentiel, puis son adjoint, Mélodie Jennyfer Sambat, tous deux en séjour hexagonal, ont écumé les plateaux de télévision à l’effet de donner une caution à ce que beaucoup considèrent comme une décision restrictive de libertés. Toute chose qui pourrait forcer de nombreux observateurs de la vie politique locale à conclure à une implication directe de la première institution du pays dans cette mesure.







