Présidentielles 2023: Vers une révision constitutionnelle visant à élire le président par les députés et les sénateurs?

Le quatuor Mbourantsouo, Boukoubi, Milibou et Ali Bongo va-t-il franchir le pas et entraver le principe démocratique du suffrage universel direct ? ©DR

Libreville le 7 avril 2022 – ( Dépêches 241). C’est une rumeur qui depuis un moment enfle de plus en plus dans l’opinion. Celle faisant état d’une volonté de l’exécutif de piloter une modification constitutionnelle visant à changer le mode d’élection du président de la République en passant du suffrage universel direct au suffrage universel indirect. Dit autrement, il se susurre que l’actuel pouvoir souhaite, dans le cadre la prochaine élection présidentielle, faire élire le nouveau président par les Députés et le Sénateurs. 

« Le Gabon est un pays de verre dans lequel tout le monde se connaît et où au final, tout se sait ». Cet adage populaire gabono-gabonais qui a fait ses preuves et qui a montré sa pertinence pourrait à nouveau prendre du relief à travers cette rumeur grandissante d’une révision constitutionnelle visant à consacrer le suffrage universel indirect pour le prochaine élection du président de la République. Car depuis un moment, cette rumeur fait son petit bout de chemin dans la cité. 

Il ressort des faits selon ladite rumeur, que dans le cadre des prochaines élections il se pourrait que ça soit les parlementaires, députés et sénateurs, qui soient chargés d’élire la prochaine personnalité qui présidera aux destinées du Gabon. Des personnalités qui selon le président national du Mouvement citoyen des volontaires des libertés (MCVL), Emmanuel Mvé Mba ne sont pas légitimes pour une telle responsabilité. « L’histoire politique du régime actuel a démontré que le Parlement et les conseils municipaux et départementaux, depuis plus de 50 ans, n’ont aucune légitimité du peuple au Gabon et sont nommés sur la base des décisions du Parti démocratique gabonais (PDG) », a-t-on pu lire chez nos confrères de Gabonreview. 

Pour ce dernier, à travers cette éventualité, la volonté du pouvoir en place est de perpétuer un « coup d’État constitutionnel » à la veille des élections présidentielles à venir avec le dessein d’aboutir à « la matérialisation d’un régime monarchique au Gabon », a-t-il indiqué. Au delà de la rumeur, si une telle entreprise parce que « la majorité des rumeurs au Gabon finit par devenir une réalité », se matérialisait, on peut s’avancer sans risque de nous tromper que l’issue de la prochaine élection présidentielle est connue d’avance au regard du parlement monocolore essentiellement composé des parlementaires acquis à la cause du pouvoir. L’exemple de plus ahurissant de cette réalité est celui de la nomination de certains sénateurs par le président de la République.  

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