
Libreville, le 29 avril 2022 (Dépêches 241). Ce qui jusqu’ici n’était qu’une rumeur semble se confirmer chaque jour un peu plus. Wilfried Ogandaga Wissy, ajourné au terme des épreuves du concours d’entrée à l’école nationale de magistrature, aurait finalement été admis dans cet établissement, du fait de sa seule appartenance au Parti Démocratique Gabonais. Une réalité, qui tranche avec le principe de l’égalité des chances prôné par Ali Bongo Ondimba, et qui interroge sur la responsabilité du ministre de la Justice.
Le 4 octobre 2021, le ministère de la Justice avait annoncé l’organisation, les 6 et 7 novembre, du concours d’entrée à l’École nationale de magistrature. Dans le but de tordre le cou aux préjugés selon lesquelles, l’organisation des concours rime au Gabon avec népotisme et corruption, Antonella Ndembet, ministre de la Justice avait alors pondu une note, dans laquelle elle avait mis en garde tous les éventuels fraudeurs, tout en promettant de promouvoir le mérite.
« Le ministère de la Justice, Garde des Sceaux et chargé des Droits de l’Homme attire l’attention des candidats au concours d’entrée à l’Ecole nationale de magistrature aux fins de recrutement d’élèves magistrats et de greffiers que toutes les manœuvres de monnayage pour leur admission de quelque origine que ce soit sont non avenues et punissables » avait-on pu lire sur la missive.
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Seulement, selon plusieurs médias, Wilfried Ogandaga Wissy, jeune militant zélé du Parti Démocratique Gabonais dans la province de l’Ogooué-Maritime, brillamment ajourné lors des épreuves dudit concours, aurait miraculeusement été admis dans cet établissement, censé former les élites du pays. À l’origine de ce tour de passe-passe, des mains noires, tapis dans les arcanes du pouvoir notamment, dans le PDG. « Les mauvaises habitudes ont la peau dure » dit un adage populaire.
Naturellement, cette nouvelle affaire interroge sérieusement sur la responsabilité de Erlyne Antonella Ndembet laquelle, en sa qualité de ministre de la Justice, avait la responsabilité de faire respecter le principe de l’égalité des chances régulièrement prôné par le Chef de l’État, Ali Bongo Ondimba qui a toujours clamé sa volonté de faire triompher le mérite, au détriment des passe-droits qui tirent le pays vers le bas.
Après avoir mis en garde quiconque se rendrait responsable de manœuvres frauduleuses, quelle sera donc l’attitude d’Erlyne Antonella Ndembet ? Va-t-elle prendre des mesures de nature à rester fidèle à sa position, ou va-t-elle simplement se débiner en prouvant au yeux des Gabonais qu’elle n’a ni le cran, ni la poigne et la personnalité pour faire appliquer ce qu’elle a elle-même arrêté comme approche ?
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Antonella Ndembet était-elle informée de ce que certains élèves avaient été frauduleusement admis à l’École nationale de magistrature ? La ministre de la Justice s’est-elle rendue complice de fraudes ? Ce sont les questions que se posent inéluctablement l’opinion publique au moment où cette affaire alimente la polémique sur la toile Gabonaise.
Dans tous les cas, il est fondamental que ces pratiques peu orthodoxes cessent, pour laisser place au mérite et que la tutelle puisse s’exprimer sur la question. Il en va du respect de la volonté présidentielle, à travers son principe républicain de l’Égalité des Chances.







