Liberté de la presse : 4 places gagnées par le Gabon mais à nuancer selon RSF

Nonobstant sa montée au classement, RSF émet des réserves sur l’évolution de la liberté de la presse au Gabon ©

Libreville le 4 mai 2022 – ( Dépêches 241). L’organisme international gardien de la liberté de la presse dans le monde a rendu public son rapport. Un rapport dans lequel le Gabon gagne 4 places mais pour lesquelles Reporter Sans Frontière (RSF) émet des sérieuses réserves en pointant du doigt les actions et les mesures qui ne permettent pas l’émergence d’une véritable liberté de la presse au Gabon. 

La liberté de la presse selon Reporter Sans Frontière (RSF)  est en nette évolution. c’est du moins ce que rendu public cet organisme international dans son dernier rapport. Un bon de 4 places qui s’explique selon RSF par le fait « qu’après des années d’érosion très marquée de la liberté de la presse, quelques signaux encourageants ont été envoyés en 2020, comme l’octroi d’une aide à la presse répartie de manière plus équitable et un dialogue plus ouvert entre autorités et professionnels du secteur », a-t-on pu lire. 

Si le Gabon a bien évolué en partant du 121e rang au 117e dans le dernier classement fait par Reporter Sans Frontière (RSF) dans les pays œuvrant pour le respect de la liberté de presse, il convient d’analyser cette évolution avec froideur et lucidité. Car le rang évolue certes mais le score du Gabon est en net recul. Il passe de 61,10 sur 100 en 2021 contre 62,80 l’année précédente. 

Dans ses réserves, Reporter Sans Frontière revient entre autres sur la teneur du code de la communication entré en vigueur en 2016 qui bien que mettant fin aux peines privatives de liberté pour des délits de presse, prévot toutefois « des mesures d’encadrement autoritaires concernant non seulement la presse, mais aussi toute la production audiovisuelle, écrite, numérique et cinématographique », souligne t-il.  

Autre élément sur lequel se fonde RSF pour nuancer le classement à l’avantage du Gabon, c’est l’esprit de son régulateur, la Haute Autorité de la Communication qui s’est illustré ces dernières années par le tout répressif au détriment de la pédagogie qui devait prévaloir dans certaines situations. « Depuis sa mise en place, en 2018, la Haute autorité de la communication (HAC) a multiplié les sanctions arbitraires. Les médias et les journalistes publiant des articles critiquant le président, son entourage ou des proches du pouvoir ont subi des suspensions à répétition qui n’ont d’autre but que de protéger les intérêts du régime. L’organe de régulation est allé jusqu’à suspendre un journal qui dénonçait justement le caractère arbitraire de ces sanctions systématiques », écrit RSF. 

Une Haute autorité de la Communication laquelle sous le mandat de son président avait traîné comme un boulet son appellation tristement célèbre « La Hache » en ce qu’elle précarisait économiquement les entreprises de presse par des sanctions et ses suspensions intempestives voire épidermiques, à répétition. 

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