
Libreville, 19 octobre 2025 – (Dépêches 241). La polémique relative à la répartition des primes accordées aux Panthères du Gabon pour la qualification à la CAN 2025 au Maroc vient de franchir un seuil critique. Le staff technique de l’équipe nationale a récemment saisi la Fédération Gabonaise de Football (Fegafoot) par le biais d’un rapport circonstancié, assorti de pièces justificatives, pointant du doigt une réduction de 50 % appliquée à certaines primes initialement allouées à ses membres.
Ce rapport, rigoureusement établi, comprend deux documents clés. Le premier présente une grille de répartition conçue par le staff technique, fondée sur l’enveloppe budgétaire mise à disposition par le Président de la République. Le second document détaille les sommes effectivement perçues par les différents bénéficiaires. C’est dans ce dernier que ressort, de manière explicite, une ponction systématique de moitié, opérée sur plusieurs primes, en particulier celles destinées aux membres du staff. Ces réductions, ni annoncées ni justifiées, soulèvent de profondes interrogations, tant sur leur légitimité que sur l’opacité du processus décisionnel ayant conduit à leur application.
Une directive présidentielle au cœur des controverses ?
Selon plusieurs sources proches du dossier, cette réduction des primes serait consécutive à une instruction émanant de la Présidence de la République. Celle-ci aurait été transmise à la délégation conduite par Paul Ulrich Kessany, Conseiller Spécial du Chef de l’État chargé des questions sportives, avec pour consigne de diviser par deux les montants destinés aux membres du staff relevant de la fonction publique.
Or, la mise en œuvre de cette directive semble avoir souffert d’un manque criard de cohérence. Tandis que certains agents publics ont perçu l’intégralité de leur prime, d’autres, pourtant dans une situation administrative similaire, par contre, se sont vu appliquer cette coupe drastique. Un traitement à géométrie variable qui laisse transparaître une gestion arbitraire et suscite une vive incompréhension qui fait manifestement le lit à l’arbitraire.
Comment expliquer qu’un montant dû, annoncé et intégralement décaissé par le Chef de l’État, ait pu faire l’objet d’une telle ponction ? La somme ponctionnée a-t-elle été reversée au trésor public ou remise à la disposition de la Présidence de la République chargée de la question ? À quel moment cette décision a-t-elle été prise, et selon quels critères ? Les bénéficiaires concernés en ont-ils été informés ? Et surtout, existe-t-il une base légale ou réglementaire permettant une telle révision à la baisse ? Autant de questions demeurées sans réponse à ce jour, auxquelles l’opinion publique est en droit d’exiger des éclaircissements officiels.
Pressions et intimidations à l’endroit de la presse
Dans la foulée de la publication du précédent article de la rédaction de Dépêches 241 sur cette affaire intitulée, Prime de qualification à la CAN 2026 : une ponction de 50% opérée discrètement par des membres de la présidence, Paul Ulrich Kessany a pris contact avec le Directeur de Publication de la rédaction de Dépêches 241, manifestant un agacement à peine voilé. L’entretien téléphonique a rapidement pris une autre tournure, laissant place à des propos perçus comme intimidants, mettant en cause l’éthique journalistique de l’équipe de rédaction de ce média.
Kessany a reproché au média de ne pas l’avoir attendu ou laissé un message pour recueillir sa version, bien qu’il ait été contacté par appel normal, sans succès. Il aurait donc fallu suspendre la publication et le traitement de l’information jusqu’à ce qu’il soit disponible, ce qui reviendrait à lui accorder un droit de veto sur le calendrier éditorial de la rédaction.
Plus étonnant encore, il a exprimé son mécontentement quant au fait que deux personnes de son entourage, bien connues du milieu sportif gabonais mais totalement étrangères au sujet traité, n’aient pas été sollicitées. Un reproche hors de propos, révélateur d’une volonté de détourner le débat du fond vers des considérations périphériques. « Il faut assumer tes écrits comme l’autre a assumé ses propos, le reste on verra », a-t-il lancé d’un ton mi-acerbe, mi-suffisant.
Enregistrement illégal et dérive autoritaire
Dans un geste surprenant et manifestement illégal, M. Kessany a déclaré, plusieurs minutes après le début de l’échange, avoir enregistré la conversation sans en avertir préalablement son interlocuteur, ni solliciter son consentement. Il a ensuite mis fin à l’appel de manière abrupte, raccrochant au nez dans un geste teinté de condescendance.
Il convient de rappeler que l’article 288 du Code pénal gabonais prohibe explicitement l’enregistrement de propos à caractère privé ou confidentiel sans l’autorisation préalable de la personne concernée. Au-delà de la légalité de tels actes, cette tentative d’intimidation traduit une dérive inquiétante et met en lumière les tensions croissantes entre pouvoir politique et liberté de la presse.
Cette affaire, qui aurait pu rester cantonnée à une simple divergence administrative, prend désormais une ampleur nationale. Elle menace la sérénité d’un groupe sportif engagé dans une quête cruciale : la qualification historique du Gabon pour la Coupe du Monde de Football FIFA 2026. Dans un contexte où la cohésion et l’unité sont les piliers de la performance collective, les dissensions internes et les suspicions d’iniquité risquent de saper les efforts consentis par les joueurs et leur encadrement.
Face aux incohérences manifestes, aux non-dits persistants et aux tentatives de pression, Dépêches 241 réaffirme son engagement à faire toute la lumière sur cette affaire. Fidèle aux principes déontologiques qui fondent le métier de journaliste, la rédaction poursuivra son travail d’investigation, avec pour seul objectif : l’éclatement de la vérité, au service de l’intérêt public.








Je comprends pourquoi des mains noires sont contre le paiement des primes des U23 championnes d’Afrique… mais les choses changeront je le crois…
Article très écrit.