
Libreville, le 15 Janvier 2026 – (Dépêches 241). L’ancien conseiller spécial du président de la République, Alain Simplice Boungoueres, a retrouvé la liberté après près de trois mois de détention. Poursuivi pour des faits présumés d’extorsion, il a bénéficié d’une liberté provisoire sous caution, moyennant le versement d’une somme avoisinant les 30 millions de FCFA, selon des informations rapportées par Gabonreview.
Ancien candidat à l’élection présidentielle d’avril 2025 et figure politique connue, Alain Simplice Boungoueres avait été placé sous mandat de dépôt en octobre dernier, à l’issue de plusieurs convocations à la Direction générale des Recherches (DGR). Les faits reprochés porteraient sur des actes d’extorsion présumée, dont une entreprise chinoise, en contrat avec le Palais présidentiel, aurait été victime.
Le mardi 13 janvier dernier, l’ex-militant du PDG a donc quitté la prison centrale, bénéficiant d’une mesure de liberté provisoire, prévue par la loi, dans l’attente de la poursuite de la procédure judiciaire. Juridiquement, rien d’irrégulier : la liberté sous caution est un mécanisme légal, encadré, et relevant de l’appréciation des autorités judiciaires.
Mais au-delà du strict cadre légal, cette libération relance un débat de fond sur l’égalité des citoyens face à la justice. Car si 30 millions de FCFA peuvent suffire à recouvrer la liberté provisoire pour une personnalité disposant de moyens financiers, qu’en est-il des milliers d’anonymes, détenus parfois pendant de longs mois au prix des procès à la carte et aux procédures irrégulières, faute de pouvoir réunir une somme bien moindre ?
Dans un pays où la précarité touche une large frange de la population, cette affaire met en lumière une réalité difficile à ignorer. La liberté provisoire semble, dans les faits, plus accessible à ceux qui peuvent en payer le prix. Pour les autres, la détention préventive devient souvent une peine anticipée, subie non pour la gravité des faits, mais pour insolvabilité.
Sans préjuger de la culpabilité ou de l’innocence d’Alain Simplice Boungoueres, que seule la justice tranchera, son cas illustre une justice à deux vitesses, où l’argent apparaît parfois comme un facteur décisif entre la prison et la liberté. Une situation qui interroge, une fois de plus, sur l’effectivité du principe d’égalité devant la loi, pourtant consacré par la Constitution de la Ve République.
L’affaire Boungoueres, au-delà de l’homme, pose ainsi une question essentielle : dans le Gabon d’aujourd’hui, la liberté provisoire est-elle un droit pour tous, ou un privilège pour ceux qui en ont les moyens ? Une question qui en bon droit se pose humblement mais clairement.







