
Libreville, le 30 avril 2025 – (Dépêches 241). La Cinquième République que le Gabon s’apprête à inaugurer dans les prochains jours, devrait mettre en avant des principes de gouvernance forts, reposant notamment sur la probité morale et éthique, l’équité, ainsi que la transparence dans la gestion de la chose et de l’action publique. Autant de qualités essentielles pour garantir une meilleure gouvernance, mais dont dame Laurence Ndong, actuelle Ministre de la Communication et des Médias, semble malheureusement dépourvue. Selon de nombreux observateurs, sa présence au sein des différents gouvernements de Transition s’est soldée par un bilan peu reluisant, marqué par des méthodes et pratiques de gestion rappelant tristement celles du régime avilissant d’Ali Bongo Ondimba. Toute chose qui soulève aujourd’hui des interrogations sur la pertinence de sa reconduction dans l’équipe gouvernementale de la nouvelle République.
Selon une certaine opinion, la Cinquième République, consacrée par l’élection sans équivoque de Brice Clotaire Oligui Nguema le 12 avril dernier, devrait permettre au nouvel homme fort de Libreville de trier le bon grain de l’ivraie par rapport à ses collaborateurs ayant montré leurs limites, voire leur imposture tout au long de cette transition.
Parmi eux, figure en bonne place Laurence Ndong, actuelle Ministre de la Communication et ancienne porte-parole du Gouvernement. Son passage au porte-parolat a été entaché de nombreux ratés et quelques fois d’une arrogance notoire qui masquaient mal son incapacité à convaincre l’opinion. Au lieu d’innover ou de mettre en œuvre un savoir-faire personnel, elle se serait contentée d’un copier-coller des méthodes de son prédécesseur. Une erreur grave dans une période de Transition censée incarner le changement, et qui aurait d’ailleurs conduit à son retrait de ce poste.
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Par ailleurs, l’ancienne égérie de la diaspora gabonaise, connue pour sa capacité à écumer les plateaux de télévisions internationales afin de dénoncer avec virulence la gouvernance d’Ali Bongo Ondimba et le culte de la personnalité, semble aujourd’hui s’être éloignée des principes de bonne gouvernance, de morale et d’éthique qu’elle prônait autrefois avec véhémence. Madame la Ministre de la Communication brillerait désormais par son opportunisme et un kounabélisme zélé, dans l’unique but de continuer à profiter des avantages liés à sa position gouvernementale. Pour beaucoup aujourd’hui, elle semble n’avoir jamais incarné la noblesse d’un véritable combat pour le partage équitable des richesses, la justice sociale ou le respect des droits des citoyens, comme elle l’a toujours laissé penser.
Même si ces griefs, bien que graves, pouvaient être relativisés, en considérant que nul ne peut gravir les échelons sans susciter de mécontentements, il n’en demeure pas moins que la native de Kango se serait elle-même livrée au discrédit en gérant de manière controversée la subvention destinée aux médias privés. Jamais, ni sous Omar Bongo Ondimba, ni sous son successeur Ali Bongo Ondimba, cette subvention n’avait suscité autant de remous, et ce, malgré l’augmentation substantielle décidée par le Président Oligui Nguema.
Une gestion opaque, indigne d’une personnalité qui, hier encore, prétendait incarner la rigueur et la transparence dans la gestion des deniers publics. Ainsi, lorsque les patrons de médias réclament la publication de la liste des bénéficiaires de la subvention, comme cela se faisait autrefois, dans un souci de transparence, elle élude la question en invoquant une prétendue « confidentialité ». Une confidentialité qui semble n’être qu’un écran de fumée destiné à couvrir des pratiques douteuses qui continuent d’alimenter les soupçons de malversations et de détournement qui pèsent sur elle.
Au regard de tout ce qui précède, Laurence Ndong est-elle encore digne de figurer dans les futurs gouvernements de la cinquième République ? Le monde médiatique et une grande partie des observateurs de la vie politique gabonaise semblent désormais s’inscrire dans une perspective de rejet de la native de Kango, considérant que sa gestion des affaires publiques a mis en lumière la félonie de l’ancienne porte-parole de Jean Ping en 2016. Une perception renforcée par le flou persistant qui entoure la gestion de la subvention destinée aux médias privés. Un flou qui rappelle dangereusement celui observé dans la gestion des fonds liés à la crise du Covid-19.







