
Libreville, 17 Juillet 2025 – (Dépêches 241). La présidence de la république a annoncé ce 17 juillet à Oyem une avancée majeure dans la politique de souveraineté économique du Gabon. En effet, en recevant les dirigeants du groupe français Eramet, maison-mère de la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG), le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait état d’un accord qualifié d’ « historique » pour la souveraineté minière et industrielle du pays. « Nous avons obtenu bien plus qu’un simple engagement industriel : nous avons affirmé la souveraineté économique de notre nation », a-t-on pu lire sur la page officielle de la Présidence de la République.
Parmi les mesures fortes prises lors de cette rencontre, l’accord prévoit, entre autres, la transformation locale de 2 millions de tonnes de manganèse, un chiffre qui dépasse largement les capacités actuelles de traitement et qui pourrait repositionner le Gabon comme acteur industriel majeur sur le marché mondial du manganèse. Cette mesure vise à rompre définitivement avec le modèle d’exportation brute des matières premières, longtemps dénoncé pour sa faible valeur ajoutée pour l’économie nationale.
Le volet économique et social n’est pas en reste: plus de 16 000 emplois directs et indirects seront créés dans le cadre de la mise en œuvre de ce partenariat renforcé avec Eramet. Selon les autorités, ces créations d’emplois auront un impact considérable sur l’insertion des jeunes, la réduction du chômage, et la dynamisation de nombreuses zones d’activité, en particulier dans les provinces minières comme le Haut-Ogooué.
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L’accord prévoit également un rapatriement et une transparence renforcée des flux financiers liés à l’exploitation du sous-sol gabonais. Cette mesure devrait permettre à l’État de mieux suivre les revenus générés par l’exploitation minière et d’en assurer une redistribution équitable. Il s’agit d’une réponse directe aux critiques récurrentes sur l’opacité des contrats miniers et la faible contribution du secteur extractif au développement national.

Autre point crucial: « la gabonisation des postes stratégiques au sein de COMILOG » et de sa filiale ferroviaire Setrag. À travers cette mesure, le gouvernement entend renforcer la participation des cadres nationaux aux processus de décision et construire une véritable expertise locale. La formation, la promotion interne et la reconnaissance des compétences nationales devraient désormais être des priorités imposées à la multinationale française.
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Enfin, Eramet s’est engagé à construire une centrale électrique ainsi qu’un siège social sur le sol gabonais. Ces infrastructures devraient soutenir les efforts d’industrialisation du pays tout en renforçant la présence institutionnelle de ses partenaires économiques sur le territoire national. L’implantation du siège marque également une volonté de territorialisation des centres de décision, un symbole fort de souveraineté.
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Au-delà du symbolisme politique, cet accord arraché par le président Oligui Nguema avec Eramet, s’il prend effet, constituerait une rupture suffisamment tranchée et stratégique avec les pratiques passées. Il marque un tournant majeur dans la gouvernance ou la gestion des ressources naturelles et s’inscrit dans une dynamique de reprise en main du destin économique du Gabon.
La balle est désormais dans le camp des opérateurs pour que ces engagements se traduisent en réalisations concrètes, et que les promesses de justice économique et sociale deviennent réalité pour les populations Gabonaises.







