Affaire Bongo-Valentin: le Doctorat d’Eddy Minang signalé et attaqué pour « absence d’éthique et de déontologie »

Le Procureur général Eddy Minang confronté à une remise en cause sans précédent de son titre de Dr en Droit obtenu en France © Dépêches 241

Libreville, le 23 Février 2026 – (Dépêches 241). L’affaire dite Bongo-Valentin vient de franchir un seuil inédit. Ce 23 février 2026, les avocats de Sylvia et Noureddin Bongo ont saisi les autorités académiques françaises afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une violation manifeste des principes éthiques et déontologiques attachés au titre de docteur en droit. Au cœur de cette démarche, le Procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Eddy Narcisse Minang, dont le doctorat obtenu à l’Université Panthéon-Assas se retrouve désormais exposé à une remise en cause sans précédent en raison de sa participation active dans le procès Bongo-Valentin qualifié de « parodie » par une large partie de l’opinion. 

Au-delà du contentieux politique et judiciaire, c’est la légitimité universitaire et morale d’un haut magistrat gabonais qui se trouve ainsi placée sous les projecteurs. Avec ce signalement, adressé notamment au ministre français de l’Enseignement supérieur et à l’Office français de l’intégrité scientifique, l’affaire Bongo-Valentin s’exporte sur un nouveau terrain. Celui de la responsabilité académique, indissociable de l’exemplarité attendue de tout docteur en droit.

Dans leur courrier, au ton particulièrement sévère, les conseils de la famille Bongo-Valentin  disent avoir pris le parti exclusif de « la dignité et du droit », tout en s’abstenant, précisent-ils, de toute lecture politique des événements consécutifs au 30 août 2023. Ils affirment néanmoins que « tous les membres de la famille Bongo ont alors été immédiatement et arbitrairement privés de liberté », ajoutant que « Noureddin Bongo a été torturé, sous les yeux de sa mère avec qui il partageait une cellule insalubre », indique le courrier adressé à l’ordre français de l’intégrité scientifique. 

Les avocats de l’ex famille présidentielle évoquent en sus des « séances de torture, largement documentées » et dénoncent par ailleurs un procès tenu en novembre 2025 qu’ils qualifient de « digne des pires caricatures pouvant déshonorer la Justice ».La charge des avocats des Bongo-Valentin se concentre alors sur le rôle central attribué à Eddy Minang, présenté comme « l’ordonnateur de cette cruelle parodie de Justice » et « le metteur en scène » d’une procédure décrite comme irrégulière en tout et pour tout. 

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Mais la singularité de la démarche des conseils des Bongo-Valentin réside dans le terrain choisi : celui de l’éthique universitaire. En rappelant que le magistrat « se prévalait d’un doctorat en droit effectivement obtenu à l’Université Panthéon-Assas », les signataires du signalement convoquent le serment et les exigences morales qui accompagnent ce grade académique, lequel impose notamment de « maintenir une conduite intègre ». Ils en concluent que « le présent signalement concerne un docteur en droit qui a déshonoré son grade universitaire ».

Cette attaque frontale pourrait constituer un camouflet majeur pour le Procureur Général Eddy Minang, tant sur le plan personnel que professionnel. Car au-delà de la fonction judiciaire, le doctorat engage une responsabilité intellectuelle et morale particulière. En mettant en cause la cohérence entre son parcours académique et sa pratique professionnelle, les avocats cherchent à fragiliser sa crédibilité, à entamer sa réputation et, plus largement, à questionner la probité de l’institution judiciaire qu’il incarne.

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L’affaire Bongo-Valentin n’est toutefois pas la seule à ternir l’image du Procureur général. Son éthique et sa déontologie ont également été mises en cause dans le dossier dit Opiangah. Dans cette procédure, largement décriée par une partie de la doctrine juridique et de l’opinion, Eddy Minang est accusé d’avoir instruit « un dossier vide de bout en bout, sans preuve, sans victime », reposant sur une construction procédurale jugée artificielle et constellée d’irrégularité. Une instruction qualifiée de « montée de toutes pièces », aggravée, selon eux, par le parjure du procureur de la République Bruno Obiang Mve. Autant d’éléments qui alimentent le soupçon d’une instrumentalisation de la justice à des fins étrangères à la recherche impartiale de la vérité.

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Dans ce contexte, la saisine des autorités académiques françaises dépasse le simple cadre symbolique. Elle traduit une volonté manifeste de déplacer le débat vers le champ de l’intégrité scientifique et de la responsabilité morale du juriste. En interpellant les « garants de la valeur et du sens du titre de Docteur en droit », les avocats appellent à ce que « cette situation reçoive les suites que sa gravité appelle », transformant ainsi un contentieux judiciaire en une affaire d’éthique universitaire internationale.

Désormais, le doctorat d’Eddy Minang, loin d’être un simple titre honorifique, devient l’épicentre d’une confrontation où s’entremêlent droit, morale et crédibilité institutionnelle. Une épreuve redoutable pour un magistrat dont l’autorité repose précisément sur la confiance, la rigueur et l’exemplarité.

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